Paris regrette la polémique entre l’Ukraine et la Pologne

La France a déploré mercredi les tensions entre la Pologne et l’Ukraine provoquées par le conflit sur les céréales ukrainiennes, dont Varsovie a interdit les importations pour protéger les intérêts de ses agriculteurs.

Ukrainian foreign minister meets French counterpart in Paris
La cheffe de la diplomatie française, qui s’exprimait après un Conseil de sécurité exceptionnel à l’occasion de la visite à l’ONU du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas de rupture de concurrence » ou de perturbation des marchés. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

La France a déploré mercredi (20 septembre) les tensions entre la Pologne et l’Ukraine provoquées par le conflit sur les céréales ukrainiennes, dont Varsovie a interdit les importations pour protéger les intérêts de ses agriculteurs.

« Ces tensions sont regrettables », a déclaré Catherine Colonna, la ministre française des Affaires étrangères dans un entretien avec l’AFP, y voyant le reflet de « considérations de politique intérieure ».

L’annonce par Bruxelles vendredi de la fin de l’interdiction d’importer des céréales ukrainiennes, décision prise en mai par cinq États de l’UE, a enflammé les esprits, provoquant des embargos unilatéraux auxquels Kiev a répliqué lundi en annonçant porter plainte devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Et, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a averti mercredi qu’il élargirait la liste des produits ukrainiens interdits d’importation si Kiev devait intensifier leur conflit sur un embargo sur les céréales.

« La Commission européenne a procédé à une étude très précise qui lui a permis de mettre fin au mécanisme temporaire (…) qui avait été trouvé pour permettre à certains pays européens d’avoir des dispositifs particuliers qui les concernaient quant à l’exportation dans leur pays des céréales ukrainiennes », a expliqué Catherine Colonna.

La cheffe de la diplomatie française, qui s’exprimait après un Conseil de sécurité exceptionnel à l’occasion de la visite à l’ONU du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas de rupture de concurrence » ou de perturbation des marchés.

« La Commission a mené son étude très soigneusement », a-t-elle fait valoir.

« Il est regrettable que ces tensions apparaissent (…) alors qu’il n’y a pas de bouleversement des marchés et qu’il y a peut-être des considérations de politique intérieure de la part de certains de nos partenaires qui, malheureusement, les poussent à avoir cette position que rien ne justifie », a-t-elle également souligné.