Paris fait une dernière offre pour sauver l’élargissement de l’UE, selon des diplomates bulgares
Paris est prêt à inclure les demandes bulgares dans la feuille de route des négociations de l’UE avec la Macédoine du Nord afin de lever le veto de Sofia sur le début des discussions. Toutefois, on ne sait pas encore si cette initiative suffira à apaiser les doutes des législateurs bulgares.
Paris est prêt à inclure les demandes bulgares dans la feuille de route des négociations de l’Union européenne avec la Macédoine du Nord afin de lever le veto de Sofia sur le début des discussions. C’est ce qu’ont déclaré des diplomates bulgares aux médias locaux jeudi (16 juin). Toutefois, on ne sait pas encore si cette initiative suffira à apaiser les doutes des législateurs bulgares.
Sofia exige que la Macédoine du Nord inclue les Bulgares dans sa constitution tout en veillant à régler les différends historiques.
En 2020, la Bulgarie a refusé de donner son feu vert à Bruxelles à la feuille de route de Skopje pour les négociations avec l’UE, appelée « cadre de négociation », en raison de différends sur la langue et l’histoire commune. De son côté, Skopje a demandé que le veto soit levé et que tous les points de désaccord soient abordés lors de l’ouverture des chapitres, qui marquerait le lancement des négociations d’adhésion.
Ils ont également déclaré que les modifications de la constitution seraient difficiles à mettre en œuvre car elles nécessitent un consensus au Parlement, ce qui pourrait s’avérer difficile à obtenir.
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La présidence française du Conseil de l’UE (PFUE) est désormais prête à inclure les exigences bulgares dans le cadre de négociation de la Macédoine du Nord afin que l’UE devienne garante de leur réalisation, ont déclaré des diplomates bulgares au média d’information en ligne Mediapool.bg jeudi.
Les diplomates bulgares s’attendent à ce que la proposition française soit approuvée par les autres États membres de l’UE.
Cependant, il n’est pas certain que les autorités acceptent la proposition française à Sofia alors qu’une crise politique bat son plein et que le pays se prépare à de nouvelles élections anticipées à l’automne, ce qui en ferait les quatrièmes élections législatives en l’espace de deux ans.
Le conseil des ministres a transféré mercredi toute la responsabilité du veto au parlement, où le gouvernement risque de perdre le pouvoir après avoir été privé de la majorité à l’Assemblée nationale.
Toute proposition émanant de la présidence française, de l’UE ou des États membres du bloc sera immédiatement transmise à la commission chargée de la Politique étrangère au Parlement bulgare.
Le Premier ministre macédonien, Stevo Pendarovski, et le chef de l’opposition du VMRO-DPNE, Hristijan Mickoski, qui s’étaient précédemment opposés aux changements constitutionnels, disent à présent vouloir des garanties que le veto sera bien levé si ceux-ci ont lieu.
« La République de Macédoine du Nord exigera de la Bulgarie et de l’UE des garanties fermes que l’inclusion des Bulgares dans la Constitution du pays est la dernière condition pour entamer les négociations d’adhésion à l’Union européenne », a déclaré M. Pendarovski après avoir rencontré le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, à Ohrid, rapporte la radio nationale bulgare.
M. Michel est en visite dans le pays pour participer au forum de dialogue de Prespa, qui s’est ouvert jeudi. « Il existe une volonté politique de modifier la Constitution », a déclaré Stevo Pendarovski.
Il a expliqué que ce processus est long et compliqué. Interrogé sur la possibilité d’une percée lors du sommet des dirigeants européens, M. Michel a répondu que tout le monde travaillait dur pour sortir de l’impasse. Il a refusé de commenter la proposition de la France pour lever le veto.
Un destin lié à celui de l’Ukraine
La question du veto de Sofia, qui a empêché l’Albanie d’entamer les négociations d’adhésion avec Bruxelles puisque la perspective d’élargissement de Tirana est liée à celle de Skopje, est devenue particulièrement sensible ces derniers mois en raison des pressions politiques exercées pour que l’Ukraine donne une réponse rapide à sa candidature à l’UE.
Un certain nombre d’États membres d’Europe du Sud ont déjà exprimé leur crainte que l’octroi à Kiev du statut de candidat à l’UE ne mette sur la touche les candidats des Balkans occidentaux, auxquels Bruxelles a fait des promesses qui n’ont pas encore été tenues jusqu’à présent.
La Grèce, par exemple, a fait pression en faveur de l’élargissement de l’UE à la région des Balkans occidentaux, compte tenu notamment de l’instabilité actuelle à l’est de l’Europe.
Des sources diplomatiques à Athènes ont souligné à EURACTIV les efforts des « pays tiers » pour déstabiliser les Balkans occidentaux et ont prévenu que cela pourrait s’intensifier suite à l’instabilité en Europe de l’Est.
Certains de ces doutes ont été apaisés mercredi, lorsque trois des quatre candidats des Balkans occidentaux à l’UE, à savoir l’Albanie, la Macédoine du Nord et le Monténégro, ont signé une déclaration commune avec l’Ukraine pour soutenir sa candidature à l’UE dans le but de signaler que l’accélération de l’intégration du pays oriental en guerre ne perturberait pas leur propre intégration à l’UE, mais plutôt que leurs efforts devaient « se compléter et se renforcer mutuellement ».
Les dirigeants allemand, français et italien se sont rendus jeudi à Kiev pour assurer leur soutien à l’Ukraine, qui recevra « immédiatement » le statut officiel de candidat à l’Union européenne.
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S’adressant à la presse, le président français Emmanuel Macron a déclaré que l’octroi du statut de candidat immédiat à l’Ukraine serait associé à une feuille de route qui prendrait également en compte les Balkans occidentaux et la Moldavie.
Les dirigeants de l’Union rencontreront leurs homologues des Balkans occidentaux jeudi prochain (23 juin) à Bruxelles, une rencontre qui coïncidera avec le sommet du bloc qui devrait se concentrer sur la candidature de l’Ukraine à l’UE.