Paris et Rome braquent leur regard sur l’union bancaire
François Hollande et le président du Conseil italien Enrico Letta, reçu à l’Elysée, tentent d’insuffler de la volonté politique pour obtenir un accord d’ici juin sur l’union bancaire.
François Hollande et le président du Conseil italien Enrico Letta, reçu à l’Elysée, tentent d’insuffler de la volonté politique pour obtenir un accord d’ici juin sur l’union bancaire.
Croissance, emploi des jeunes, union bancaire. Dans la bouche de François Hollande et d’Enrico Letta, le triptyque économique du moment s’exprime dans les mêmes termes et dans la même langue, une facilité que le premier ministre italien a héritée de son enfance strasbourgeoise.
Tous deux disent vouloir mettre autant de « détermination » à la rigueur budgétaire qu’à la politique de croissance. Près d’un an après le sommet de juin 2012 où avait été intronisé le pacte de croissance (lequel comprend peu d’argent frais), Enrico Letta réclame « des mesures très claires et très précises » pour stimuler l’économie. En Italie, le chômage des jeunes est un « vrai cauchemar ». La mise en oeuvre de la garantie jeunesse, financée par l’UE à hauteur de 6 milliards d’euros à partir de 2014, pourrait être avancée, suggère François Hollande.
Faute d’un agenda plus détaillé, l’attention se focalise avant tout sur l’union bancaire, un facteur de stabilité consubstantiel à la croissance, estiment les deux dirigeants, soucieux que les entreprises puissent se financer dans de meilleures conditions, avec de plus faibles taux d’intérêt. « Il ne faut pas perdre de temps », plaide le nouveau président du Conseil italien. L’union bancaire, « c’est la cible du sommet de juin ». Elle doit être mise en place « selon le calendrier prévu », insiste François Hollande.
Harmonisation des pratiques
Le sujet est sur la table des ministres des Finances, qui doivent en discuter le 14 mai, pour rapprocher leurs points de vue sur la résolution des défaillances bancaires (directive de juin 2012). Une fois cette étape franchie, les Etats pourront rouvrir le dossier de la garantie des dépôts, régi par une directive de juillet 2010.
Avec ses propositions, Bruxelles invite les Etats à harmoniser leurs pratiques à travers la constitution de fonds nationaux abondés par les établissements bancaires et la hiérarchisation des créanciers appelés à subir des pertes en cas de défaillance. Ces discussions conditionnent aussi l’accord sur la recapitalisation directe des banques par le mécanisme européen de stabilité, qui se traduit par une participation des contribuables.
Ampleur de la participation des banques aux fonds, solidarité entre eux, sort des déposants au-delà de 100 000 euros… Ces sujets extrêmement sensibles seront difficiles à trancher, à quelques mois des élections allemandes.