Paris et Berlin tentent d'afficher leur unité après de récents différends
La France et l’Allemagne ont tenté d’afficher leur unité lors de consultations gouvernementales conjointes dimanche, après le considérable essoufflement du moteur franco-allemand de ces derniers mois.
À l’occasion du 60e anniversaire du traité de l’Élysée, la France et l’Allemagne ont tenté d’afficher leur unité lors de consultations gouvernementales conjointes dimanche (22 janvier) après le considérable essoufflement du moteur franco-allemand de ces derniers mois.
Ces consultations ont été organisées en l’honneur du 60e anniversaire du traité de l’Élysée, qui a marqué le début de l’amitié franco-allemande et posé les bases de l’intégration européenne. Il a été prolongé par le traité d’intégration et de coopération d’Aix-la-Chapelle, signé le 22 janvier 2019.
« Le moteur franco-allemand est une machine à compromis, bien huilée, mais parfois bruyante et marquée par le dur labeur », a déclaré le chancelier allemand Olaf Scholz dans son discours lors de la cérémonie du traité de l’Élysée.
« Il n’est pas mû par de douces embrassades et un symbolisme vide, mais par notre ferme volonté de transformer encore et encore les controverses et les divergences d’intérêts en actions concertées », a-t-il dit, ajoutant que tout cela « est une mission au nom de l’histoire ».
« Notre objectif est le même : une Europe plus souveraine, plus solidaire, qui tient son destin entre ses mains », a déclaré son homologue français, le président Emmanuel Macron.
Toutefois, depuis que les États-Unis ont annoncé leur propre loi sur la réduction de l’inflation (IRA), qui prévoit environ 500 milliards de dollars de dépenses et d’allégements fiscaux au profit des entreprises américaines au cours des dix prochaines années, les deux parties ont souligné la nécessité d’une action commune renforcée de la part de l’UE.
« Nous voulons poursuivre ensemble trois objectifs : la souveraineté technologique, l’industrialisation de notre continent et la décarbonation », a déclaré le président français.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part présenté un plan visant à contrer la loi américaine sur la réduction de l’inflation en permettant aux gouvernements de subventionner plus largement leurs industries vertes et en créant un fonds européen commun.
« Nous sommes parfaitement d’accord, parfaitement d’accord avec les récentes déclarations d’Ursula von der Leyen il y a quelques jours », a déclaré Macron, ajoutant que la proposition de « règlement européen pour l’industrie verte » était plus que nécessaire.
Et M. Scholz d’abonder dans le même sens, estimant qu’« il est nécessaire que nous nous occupions de la loi sur la réduction de l’inflation et que nous formulions une réponse européenne à celle-ci ». Cette question fera l’objet de discussions plus approfondies lors du Conseil européen de février.
Parallèlement, les deux dirigeants ont également convenu d’une « approche commune » sur la manière de produire de l’hydrogène décarboné.
Selon l’accord, « l’hydrogène renouvelable et l’hydrogène à faible teneur en carbone peuvent tous deux être pris en compte dans les objectifs européens de décarbonation, tout en reconnaissant leurs différences et en préservant le niveau d’ambition global de l’objectif en matière de renouvelables ».
Cette nouvelle coopération en matière d’hydrogène comprend l’extension du gazoduc H2Med qui relie l’Allemagne et l’Espagne, via la France, et qui a remplacé le projet de gazoduc MidCat, interrompu après une opposition constante de la part de M. Macron.
Désormais, avec le projet de pipeline H2Med, « il est beaucoup plus simple de traverser la Méditerranée et d’aller de port en port », a déclaré le président français.
« C’est un excellent projet pour l’avenir », a ajouté M. Scholz.
Sur des sujets comme la jeunesse ou la défense, « nous avons clarifié notre stratégie », a également annoncé M. Macron.