Paris et Berlin opposés à des efforts supplémentaires de l’UE sur le climat

La France et l’Allemagne ont grossi les rangs des pays européens opposés à des efforts supplémentaires de l’UE dans la lutte contre le changement climatique, alors que la Commission présente une communication visant à promouvoir le passage de 20 à 30% de réduction d’émission de CO2 dès 2020.

EURACTIV.fr
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La France et l’Allemagne ont grossi les rangs des pays européens opposés à des efforts supplémentaires de l’UE dans la lutte contre le changement climatique, alors que la Commission présente une communication visant à promouvoir le passage de 20 à 30% de réduction d’émission de CO2 dès 2020.

Lors d’une conférence de presse commune à Bruxelles, le 25 mai, le ministre français de l’Industrie, Christian Estrosi et son homologue allemand Rainer Brüderle ont indiqué que les autres pays du monde devront s’engager autant que l’Europe avant que l’UE ne fasse des efforts supplémentaires. 

“Nous avons pris des engagements ambitieux pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020”, a indiqué le Français Christian Estrosi avant d’ajouter que Paris et Berlin soutiendraient une passage de 20 à 30% de réduction d’émission de GES d’ici 2020 seulement si d’autres nations prenaient des “engagements comparables”. 

“Notre offre conditionnelle [de 30%] demeure” mais “nous ne connaissons pas celles des autres pays”, a-t-il expliqué sans citer la Chine ou les États-Unis.

La déclaration commune de la France et de l’Allemagne signale un durcissement de la politique européenne dans la lutte contre le changement climatique, six mois après l’échec des négociations de Copenhague. 

C’est également un coup dur pour la commissaire au Climat, Connie Hedegaard, qui présente, mercredi 26 mai, une communication recommandant à l’Europe de faire passer sa réduction d’émission de gaz à effet de serre de 20 à 30% d’ici 2020.

Christian Estrosi a indiqué que les industries délocaliseraient leurs emplois et leurs usines en dehors d’Europe si celle-ci prenait un engagement de manière unilatéral. “Le climat sera perdant, les industries et les emplois aussi”, a-t-il prévenu. 

Il a enfin souligné que cette décision appartenait aux chefs d’État et de gouvernement de l’UE, et pas à la Commission européenne.

POSITIONS :

L’organisation patronale européenne, Business Europe, a indiqué qu’elle était opposée au passage à une réduction de 30% proposé par la Commission. L’organisation indique que la conférence de Copenhague n’a pas permis de mettre en place des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes. L’UE ne doit pas s’engager à augmenter ses réductions de CO2 d’ici 2020 aujourd’hui, en l’absence d’engagements concrets de la part de ses partenaires économiques. Au lieu de discuter de l’aspect numérique de ses réductions d’émission, l’UE devrait plutôt se concentrer sur le developpement et le déploiement de ses technologies vertes”, a ajouté Business Europe. 

De son côté, la fédération européenne des entreprises de l’électricité, Eurelectric, a indiqué que les industries n’avaient pas les moyens technologiques à court terme pour un tel changement du mix énergétique. 

« Il y a seulement quelques mois, le président de la Commission, José Manuel Barroso, déclarait que le changement climatique était l’enjeu décisif de notre génération. Pour être cohérent, il doit maintenant montrer qu’il est déterminé à faire face aux commissaires Kallas, Lewandowski, Oettinger et Tajani et à faire en sorte que l’analyse soit bien publiée à temps », a indiqué dans un communiqué le WWF-France, tout en détaillant les avantages économiques de l’adoption d’un tel objectif. « La communication de la Commission dévoilée aujourd’hui montre que le coût estimé d’un passage de l’objectif actuel de réduction des émissions de CO2 de 20% d’ici 2020 à celui de 30% a baissé du fait du déclin des activités économiques », ajoute l’organisation.