Paris et Berlin annoncent un second sommet européen
En plus des sommets de l’UE et de la zone euro qui se dérouleront tous deux ce dimanche (23 octobre), un autre sommet aura lieu « mercredi au plus tard », ont déclaré la France et l’Allemagne hier (20 octobre), après une journée marquée par des hésitations et des annonces contradictoires.
En plus des sommets de l’UE et de la zone euro qui se dérouleront tous deux ce dimanche (23 octobre), un autre sommet aura lieu « mercredi au plus tard », ont déclaré la France et l’Allemagne hier (20 octobre), après une journée marquée par des hésitations et des annonces contradictoires.
M. Sarkozy et Mme Merkel se rencontreront d'abord samedi soir (22 octobre) en marge du dîner du Parti populaire européen organisé en amont des deux sommets.
Dans une déclaration commune publiée sur le site Internet du Palais de l'Élysée, le couple franco-allemand a défini les trois domaines qui font encore l'objet de débats parmi les dirigeants européens :
- La mise en œuvre opérationnelle des nouvelles modalités d’intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ;
- Un plan de renforcement du capital des banques européennes ;
- La mise en place de la gouvernance économique de la zone euro et le renforcement de l’intégration économique.
Au vu du paquet de mesures d'austérité approuvé hier par le parlement grec et du dernier rapport UE-FMI, la France et l'Allemagne souhaitent que les négociations avec le secteur privé « commencent immédiatement » dans le but de « renforcer la soutenabilité » de la dette publique grecque.
D'après des sources au fait du dossier, l'Allemagne a proposé que les deux sommets de dimanche soient mis en suspens jusqu'à ce que Berlin et Paris trouvent un accord sur la manière de maximiser la puissance de feu du Fonds européen de stabilité financière (440 milliards d'euros).
M. Sarkozy a toutefois insisté pour maintenir le sommet, qui a déjà été repoussé une fois, dans le but de trouver une solution commune pour résoudre la crise de la dette dans la zone euro, en vue du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes en novembre.
L'Allemagne et la France sont en désaccord à propos de la recapitalisation des banques et sur la meilleure solution pour renforcer le FESF, alors que leurs décisions dans ces domaines pourraient influencer la menace d'un abaissement de la notation AAA de la France qui pèse actuellement sur l'Hexagone.
Les nouveaux pouvoirs du Bundestag
A Berlin, Angela Merkel a dû affronter les parlementaires du Bundestag allemand, qui ont insisté pour attribuer à la chancelière un mandat avant que le sommet débute, suite à la décision de la cour constitutionnelle allemande de leur conférer le pouvoir de superviser les décisions relatives au FESF.
Mme Merkel « doit se précipiter auprès du Bundestag chaque fois qu'elle descend d'un avion », a commenté Eurointelligence, un service en ligne de commentaires et d'analyses sur la zone euro. « Les pouvoirs grandissants du Bundestag vont forcer le dispositif bruxellois et le mécanisme complexe des sommets politiques européens à subir des changements profonds afin de s'adapter à ces nouveaux pouvoirs », a ajouté Eurointellingence.
Dans le même temps, à Bruxelles, les représentants de l'UE chargés de la préparation des sommets minimisent les divergences entre Berlin et Paris, les qualifiant d'« exagérées ». Suite aux rumeurs d'annulation du sommet, ils confirment également que « le sommet aura bien lieu ce dimanche ».
Finalement, d'après le communiqué publié conjointement : « La France et l’Allemagne sont convenues que l’ensemble des éléments de cette réponse globale et ambitieuse sera examiné de manière approfondie lors du sommet de dimanche pour pouvoir être adopté définitivement par les chefs d’Etat et de gouvernement lors d’une deuxième rencontre au plus tard mercredi ».
Richard Corbett, ancien eurodéputé et actuel membre du cabinet d'Herman Van Rompuy, s'est exprimé sur ce que l'on pouvait attendre des sommets à venir.