Panneaux solaires : la Chine contre-attaque sur les vins européens
Après la décision de la Commission d'augmenter les droits de douane sur les panneaux solaires chinois, Pékin a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les importations de vins de l'Union européenne. La France serait l'Etat européen le plus touché.
Après la décision de la Commission d’augmenter les droits de douane sur les panneaux solaires chinois, Pékin a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les importations de vins de l’Union européenne. La France serait l’Etat européen le plus touché.
Le ministère chinois du Commerce a annoncé, mercredi 5 juin, l’ouverture d’une enquête sur les importations de vins de l’Union européenne (UE), accusées d’entraver la concurrence, en représailles à la hausse des droits de douane européens sur les panneaux solaires venus de Chine.
Le ministère a rappelé, dans un communiqué publié sur son site internet, qu’il était « résolument opposé » à la hausse des droits de douane sur les panneaux solaires, décidée par la Commission européenne, et a dit espérer que la dispute soit résolue de manière bilatérale.
« Le gouvernement chinois a déjà entamé une procédure d’enquête anti-dumping et antisubventions sur les vins de l’UE », ajoute-t-il.
Le montant annuel des exportations de vins et spiritueux européens vers la Chine dépasse 1 milliard d’euros, rapporte l’AFP. La France est avant tout concernée. Le pays est le premier exportateur européen vers la Chine, avec 140 millions de litres de vin vendus en 2012, pour un montant de 788 millions de dollars, selon les douanes chinoises.
Ces déclarations chinoises constituent des représailles directe à la décision de l’UE d’imposer, dès jeudi 6 juin, une hausse des droits de douane aux panneaux solaires fabriqués en Chine de 11,8% des droits de douane, puis de 47,6% à partir du 6 août. Cette augmentation est pourtant bien inférieure à ce qui avait été évoqué initialement, et Bruxelles compte poursuivre ses discussions avec Pékin.
Les Européens sont divisés dans ce dossier. Contrairement à l’Allemagne, qui a exprimé publiquement son opposition à de nouvelles sanctions à l’égard de Pékin, les Français soutiennent la Commission européenne.
« La décision qui a été prise est équilibrée et responsable. Elle protège les intérêts des constructeurs européens. En outre, ce délai peut aussi permettre à la Chine de prendre des mesures correctives. Sur ce dossier, la France appelle à l’esprit de responsabilité et à la solidarité communautaire », ont déclaré la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq et son homologue de l’Industrie Arnaud Montebourg dans un communiqué, mardi 4 juin.
Le dossier des panneaux solaires chinois est le plus important conflit commercial jamais engagé par Bruxelles. Les importations concernées représentent environ 21 milliards d’euros.
Ce conflit entre Bruxelles et Pékin constitue un test de la capacité des pays de l’UE à se rassembler sur des sujets touchant au commerce international, malgré les menaces de représailles des pays visés.