Pacte de stabilité : plusieurs Etats membres accusés de pratiquer une "comptabilité créative" [FR]

Le Commissaire en charge des affaires monétaires, Joaquín Almunia, dénonce le fait que certains Etats membres aient recours à des manipulations comptables pour masquer leurs infractions au pacte de stabilité et de croissance.

Le Commissaire en charge des affaires monétaires, Joaquín Almunia, dénonce le fait que certains Etats membres aient recours à des manipulations comptables pour masquer leurs infractions au pacte de stabilité et de croissance.

Dans un entretien accordé au Financial Times (édition du 6 octobre 2005), le Commissaire Almunia affirme que plusieurs Etats membres font actuellement appel aux services de banques d’investissements privées pour recueillir des enseignements utiles en matière de « créativité comptable » – expression désignant les méthodes habituellement utilisées par les entreprises pour embellir la situation de leurs comptes et pousser à la hausse le cours de leurs actions. « [Ce sont] des opérations légales, mais dont on ne peut considérer qu’elles relèvent d’un effort de réduction des déficits », déclare notamment M. Almunia. 

Le Commissaire indique que ses services ont dû être étoffés pour pouvoir être dotés des capacités d’analyse requises par la sophistication croissante des méthodes comptables des Etats membres : « C’est un travail de longue haleine : nous devons former nos équipes à l’analyse de ces opérations – et cela représente des efforts importants », souligne-t-il.  

En septembre 2004, le pacte de stabilité et de croissance fut sérieusement ébranlé par la révélation des manipulations comptables auxquelles s’était livrée la Grèce depuis 1998. En données corrigées, le déficit public grec atteignait ainsi 6,6% du PIB du pays, ce qui révélait, selon le Commissaire Almunia, « un niveau insuffisant de revenus et des tendances non soutenables en termes de dépenses publiques ».