PAC : quatre länder allemands se rebiffent contre Merkel
Berlin souhaite une baisse du budget de la politique agricole européenne, le plafonnement des aides directes à 300 000 euros et un affaiblissement des obligations environnementales.
Berlin souhaite une baisse du budget de la politique agricole européenne, le plafonnement des aides directes à 300 000 euros et un affaiblissement des obligations environnementales.
Une fronde gronde en Allemagne, alors que les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles les 7 et 8 février pour définir le montant du budget agricole de l’UE entre 2014 et 2020.
Verdissement de façade
Les ministres de l’Agriculture des länder du Bade-Würtemberg, Nord-Wesphalie, Schleswig-Holstein et Rhénanie-Palatinat se désolidarisent des positions défendues par le gouvernement fédéral dans les négociations sur la réforme de la politique agricole commune (PAC).
Berlin souhaite une baisse du budget de la PAC, ainsi qu’un affaiblissement des mesures proposées par la Commission européenne comme le plafonnement des aides directes (300 000 euros) ou leur conditionnement au respect de normes environnementales.
« Le budget de l’UE a besoin de moyens suffisants pour une agriculture qui protège l’environnement et le climat, tout en garantissant une alimentation saine et suffisante », écrivent les quatre ministres, tous membres du parti Vert allemand, dans un communiqué.
Selon eux, le gouvernement fédéral se cache derrière des mesures écologiques qui n’en portent que le nom. Ainsi, la diplomatie allemande défend une baisse de moitié du pourcentage des réserves écologiques, pour les réduire à 3,5%. La Commission a proposé, en octobre 2011, le chiffre de 7%.
Ulrike Höfken, Alexander Bonde, Robert Habeck, et Johannes Remmel voient dans la réforme actuelle de la PAC, une « chance historique » pour allier performance de l’agriculture, défis environnementaux et répondre aux attentes des citoyens.
La France, allié objectif
Ils rappellent également à la chancelière que lors d’un vote du Bundesrat, les positions allemandes adoptées étaient bien plus ambitieuses. Outre-Rhin, l’agriculture est une compétence largement déléguée aux régions.
Jeu européen oblige, les quatre ministres trouveront probablement en François Hollande leur meilleur allié. Lors de son allocution devant le Parlement européen, mardi 5 février, le Président français s’est prononcé dit favorable à l’idée de conditionner les aides versées aux exploitants au respect de normes environnementales, et à leur plafonnement.
Interrogé sur la répartition entre les différentes catégories d’agriculteurs, le chef de l’Etat français a reconnu qu’il fallait réorienter une partie des fonds vers les éleveurs. Aujourd’hui, les aides bénéficient surtout aux céréaliers, alors que le cours des céréales n’a jamais été aussi élevé. 20% des agriculteurs perçoivent 80% des versements de la PAC.