Ouragan diplomatique en Irlande suite à la visite du dirigeant tchèque [FR]

La controverse et l’aigreur liées au traité de Lisbonne font toujours rage en Irlande à la suite de la visite officielle du président tchèque Václav Klaus cette semaine (10-12 novembre).

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La controverse et l’aigreur liées au traité de Lisbonne font toujours rage en Irlande à la suite de la visite officielle du président tchèque Václav Klaus cette semaine (10-12 novembre).

L’ouragan diplomatique provoqué par la visite de M. Klaus s’est intensifié lorsqu’un certain nombre de personnalités politiques irlandaises de haut niveau ont exprimé leur indignation par rapport à l’intervention inappropriée du président tchèque dans le cadre du débat national lié au traité de Lisbonne. M. Klaus leur a rendu la pareille, qualifiant le ministre irlandais des Affaires étrangères d’hypocrite.   

Une visite gênante qui attise le feu du traité de Lisbonne

La visite de trois jours de M. Klaus a tourné à la controverse quand le dirigeant tchèque a rencontré à Dublin l’Irlandais Declan Ganley, militant notoire en faveur du « non » au traité de Lisbonne (EURACTIV 11/11/08).

Les représentants irlandais, tout d’abord en privé puis devant les médias, ont dénoncé les agissements de M. Klaus en des termes on ne peut plus clairs. Le leader irlandais de l’opposition Enda Keny a qualifié la visite de gênante et a indiqué qu’elle aurait dû être complètement annulée. Micheál Martin a indiqué que les commentaires très politiques du président tchèque constituaient une intervention « déplacée » dans les discussions de l’Irlande avec ses partenaires de l’Union européenne. 

M. Klaus a répliqué qu’il ne pouvait pas accepter une telle « hypocrisie », ajoutant que le problème de la démocratie, qui est « en train de disparaître en Europe », semble être plus grave que prévu au vu des réactions de Micheál Martin. 

Le président tchèque n’a pas hésité à comparer M. Ganley aux dissidents de son propre pays à l’époque soviétique.  

Préoccupations au sujet de la présidence tchèque de l’UE

Parallèlement, à Bruxelles, les eurodéputés ont exprimé leur préoccupation quant aux répercussions qu’aura la visite de M. Klaus sur la future présidence tchèque de l’UE. 

L’eurodéputé socialiste autrichien Hannes Swoboda a déclaré que les rencontres du président tchèque étaient scandaleuses, soulignant qu’il s’agissait du pire départ possible pour la République tchèque, qui occupera la présidence de l’UE pendant six mois.  

Toutefois, reste à voir quelles répercussions réelles aura la visite de M. Klaus sur la présidence tchèque. Le président tchèque a un pouvoir politique limité, ce qui pousse les cercles européens à croire que cette visite controversée en Irlande n’aura sans doute pas d’influence sur les plans déjà mis en route à Prague et à Bruxelles. 

La semaine dernière, la Cour constitutionnelle tchèque a toutefois reporté sa propre décision quant à la constitutionnalité du traité de Lisbonne suite à une intervention personnelle du président Klaus. En conséquence, il est peu probable que le gouvernement tchèque parvienne à ratifier le traité avant le début de sa présidence, comme l’UE l’espérait.