OTAN : Jens Stoltenberg en visite surprise à Kiev

Le secrétaire général de l’OTAN s’est rendu à Kiev afin de montrer son soutien à l’Ukraine qui se prépare à lancer une contre-offensive. Il s’agit de la première visite du chef de l’organisation dans le pays depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en février 2022.

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Meeting of NATO Ministers of Foreign Affairs
« Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, est en Ukraine », a confirmé un fonctionnaire de l’OTAN à EURACTIV, sans donner plus de détails sur la visite pour des raisons de sécurité. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS / POOL]

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est rendu, ce jeudi (20 février), à Kiev afin de montrer son soutien à l’Ukraine qui se prépare à lancer une contre-offensive. Il s’agit de la première visite du chef de l’organisation dans le pays depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en février 2022.

« Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, est en Ukraine », a confirmé un fonctionnaire de l’OTAN à EURACTIV jeudi, sans donner plus de détails sur la visite, qui n’était pas prévue, pour des raisons de sécurité.

Selon un photographe de Reuters, M. Stoltenberg a rendu hommage aux soldats ukrainiens qui ont été tués pendant la guerre et a examiné les équipements militaires russes endommagés exposés sur une place centrale de Kiev.

La visite surprise de M. Stoltenberg intervient alors que les autorités ukrainiennes font pression sur l’alliance militaire occidentale pour qu’elle ouvre à Kiev une voie plus claire vers l’adhésion.

En septembre dernier, Kiev a officiellement demandé une « adhésion accélérée » à l’OTAN, un débat qui devrait prendre de l’ampleur à l’approche du sommet de Vilnius, en juillet.

Mais même si l’OTAN a promis à l’Ukraine, lors du sommet de Bucarest en 2008, que le pays finirait tôt ou tard par devenir membre de l’organisation, la plupart des alliés hésitent à faire des promesses concrètes à Kiev alors que la guerre fait rage.

« La place légitime de l’Ukraine est au sein de l’OTAN », a déclaré M. Stoltenberg lors d’un point de presse à Kiev aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Et au fil du temps, notre soutien contribuera à rendre cela possible », a-t-il ajouté.

MM. Zelensky et Stoltenberg ont « discuté d’une initiative de soutien pluriannuelle visant à faciliter la transition des équipements et des doctrines de l’ère soviétique vers les normes de l’OTAN et à assurer une interopérabilité totale avec l’Alliance », a déclaré le chef de l’OTAN.

Les États-Unis et les alliés occidentaux fournissent à l’Ukraine des armes, des munitions et des formations, mais pas de troupes de combat, tandis que l’OTAN a déclaré vouloir éviter d’être entraînée dans une guerre avec la Russie, dotée de l’arme nucléaire.

Vendredi (21 avril), M. Stoltenberg devrait assister à une réunion du groupe de contact sur la défense de l’Ukraine à la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, pour le dernier cycle de négociations.

Les partenaires de Kiev « feront de nouvelles annonces de soutien militaire concret à l’Ukraine », a déclaré M. Stoltenberg.

L’Ukraine espère que ce soutien, au-delà des systèmes de défense antimissile, des véhicules de combat et des munitions, pourra bientôt inclure des avions de combat occidentaux. La Pologne et la Slovaquie, partenaires de l’OTAN, ont déjà livré des avions de combat de l’ère soviétique, les MiG-29.

Interrogé sur le voyage de M. Stoltenberg, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à la presse à Moscou que l’un des objectifs de l’invasion russe était « incontestablement » d’empêcher l’Ukraine d’adhérer à l’OTAN.

« Sinon, notre pays et sa sécurité seraient sérieusement menacés », a ajouté M. Peskov.

Débat sur l’adhésion

Sa visite intervient à un moment crucial, alors que les États membres de l’OTAN débattent de la voie d’adhésion qu’ils peuvent offrir à l’Ukraine.

Les membres de l’OTAN devront trouver une formule équilibrée pour confirmer la « politique de la porte ouverte » sans promettre une adhésion rapide. Les ministres des Affaires étrangères de l’alliance militaire occidentale, qui se réuniront à Oslo le 31 mai, devraient tenir une première discussion à ce sujet.

La pression monte en amont du sommet de Vilnius en juillet, où Kiev espère recevoir des garanties concrètes quant à son processus d’adhésion et où une session conjointe entre l’Ukraine et l’OTAN est prévue.

Selon les diplomates de l’OTAN, il s’agit donc de rapprocher le plus possible l’Ukraine des normes de l’OTAN pour que la transition se fasse en douceur le moment venu.

L’une des options discutées est la création d’un « Conseil OTAN-Ukraine », ont déclaré deux diplomates de l’Alliance à EURACTIV. Politiquement, il s’agirait d’un signal pour montrer une amélioration des relations par rapport au format actuel d’une « Commission » OTAN-Ukraine.

Toutefois, les États membres de l’alliance doivent décider de ce que cela signifie « concrètement », a indiqué un diplomate de l’OTAN. Les membres de l’OTAN doivent affirmer clairement que l’Ukraine sera membre de l’alliance après la guerre, a déclaré un autre diplomate.

M. Stoltenberg avait présenté une proposition comme base de discussion entre les 31 alliés en mars, dans laquelle il recommandait de se concentrer sur le soutien pratique et d’approfondir la coopération, selon une personne au fait des pourparlers.

Il pourrait s’agir d’intensifier le partage des données du renseignement et les consultations, de mener des exercices conjoints, d’investir dans l’industrie de la défense et de travailler sur l’interopérabilité entre les forces armées de l’Ukraine et celles des alliés, ce qui donnerait à Kiev la possibilité de s’aligner sur les communiqués de l’OTAN.

Au début du mois, la Finlande a rejoint l’OTAN, portant un coup majeur au président russe Vladimir Poutine avec un réalignement historique du paysage sécuritaire de l’Europe de l’après-Guerre froide.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]