Opposition et entreprises se lèvent contre la réforme de la Cour constitutionnelle turque
Le premier ministre turc Tayyip Erdogan a déclaré que son parti AKP au pouvoir transférerait son paquet de réforme constitutionnelle au Parlement aujourd'hui (30 mars). Toutefois, les réformes proposées rencontrent l'hostilité de l'opposition et du monde des affaires.
Le premier ministre turc Tayyip Erdogan a déclaré que son parti AKP au pouvoir transférerait son paquet de réforme constitutionnelle au Parlement aujourd'hui (30 mars). Toutefois, les réformes proposées rencontrent l'hostilité de l'opposition et du monde des affaires.
Le gouvernement de M. Erdogan a déclaré que les réformes, qui changent la structure de la Cour constitutionnelle et rend plus difficile l'interdiction de partis politiques, ont été entreprises afin de dynamiser la démocratie en accord avec les critères de l'Union européenne.
Les critiques de l’AKP, qui l'accusent de cacher un agenda islamiste secret, ont affirmé que le paquet était destiné à consolider le pouvoir du parti avant les élections parlementaires prévues pour mi-2011.
J'espère qu'ils le présenteront au porte-parole du Parlement demain, si Dieu le veut, a dit M. Eerdogan dans un discours lors d'une réunion du parti AKP dans la capitale (Ankara).
Le vice premier ministre Bulent Arinc avait affirmé auparavant, selon les rapports de presse, que le projet pourrait être présenté au bureau du porte-parole à 17 heures lundi. Il avait cependant évoqué un possible retard jusqu'à jeudi en raison de la rencontre du premier ministre Tayyip Erdogan avec la chancelière Angela Merkel.
Les marchés financiers ont été remués en raison d'inquiétudes selon lesquelles un conflit sur les réformes pourrait entraîner une instabilité politique. Ces réformes sont en effet rejetées par les partis de l'opposition au Parlement ainsi que par l'ordre judiciaire.
Toutefois, la livre turque, les actions et obligations se sont consolidées lundi car ces inquiétudes se sont maintenant estompées en raison des signes de soutien important pour les réformes dans les sondages d'opinion.
Les mesures sont peu susceptibles d'être votées avant fin avril, et M. Erdogan a prévenu qu'il appellerait à un référendum si le gouvernement échouait à obtenir les 2/3 de la majorité, nécessaires pour que le Parlement amende la Constitution.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)
La tension monte depuis des semaines entre le parti AKP, dont les racines se trouvent dans l'Islam politique, et les vieilles élites laïques turques dans les domaines juridique et militaire.