Opération séduction de Van Rompuy à Pékin

Le président du Conseil européen est en visite officielle en Chine. Une première.

EURACTIV.fr

Le président du Conseil européen est en visite officielle en Chine. Une première.

Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen effectue actuellement sa première visite officielle en Chine alors que les relations entre Bruxelles et Pékin se sont crispées depuis plusieurs mois. 

Les énarques chinois 

La Chine reproche à l’UE de bloquer la reconnaissance de son statut d’économie de marché. La question de l’embargo européen sur les armes imposé depuis le massacre de la place Tienanmen en 1989 fait aussi débat.  

De leur côté, les 27 sont de plus en plus regardant sur la concurrence déloyale des entreprises chinoises au niveau international. Alors qu’elles jouissent de l’ouverture des marchés européens, le leur est toujours fermé aux groupes étrangers.

Le 17 mai, dans un discours face aux étudiants de l’Ecole Centrale du Parti – l’équivalent chinois de l’ENA – le représentant de l’UE n’a pas manqué de relever la nécessité de règles commerciales « communes » et justes pour tous, tout en prenant soin de souligner l’importance des relations sino-européennes. L’Europe est le premier partenaire commercial de la nouvelle puissance. 

Les éloges 

Dans le même temps, le Président du Conseil européen n’a pas tari d’éloge sur la Chine, sa réussite économique et son assise mondiale aujourd’hui indéniable. Il a même salué le soutien de Pékin à la monnaie unique lorsque cette dernière était en difficulté. Depuis le début de la crise grecque, Pékin a acquis une grande quantité de dette publique européenne et accélère ses investissements. En Grèce, elle a été jusqu’à acquérir la concession du port d’Athènes. 

Pour rassurer la future élite chinoise sur la stabilité et l’avenir de l’UE, Herman Van Rompuy a précisé que les leçons avaient été retenues. Dorénavant, les mots clés sont « coordination », « surveillance », « discipline » et « coopération ». L’unité est plus forte que jamais a ajouté le Belge. 

Petite leçon d’européanité 

Rendant hommage à l’Histoire chinoise, il a cependant tenu à prodiguer quelques recommandations aux étudiants chinois pour mieux comprendre la politique « à l’européenne » :

« A la différence de la Chine, l’Europe ne dispose pas d’un seul bateau. Je préfère dire que l’UE, qui est aujourd’hui composée de 27 pays, est comme un convoi de bateaux (…) c’est un réel challenge de trouver des accords. Mais nous y arrivons ! Même si parfois c’est bruyant et pas sans histoires, c’est notre façon de faire de la politique! »

Le Président du conseil s’est contenté d’une rapide référence aux droits de l’Homme, les considérant comme « valeurs universelles » que les deux blocs se doivent de « faire respecter ».