Olaf Scholz courtise la Belgique, fournisseur clé de gaz
Le Premier ministre belge Alexander De Croo rencontrera le chancelier allemand Olaf Scholz mardi matin à Zeebruges, où se trouve le plus grand complexe de terminaux de GNL d’Europe, à l’occasion d’une réunion consacrée à l’énergie.
Le Premier ministre belge Alexander De Croo rencontrera le chancelier allemand Olaf Scholz mardi matin (13 février) à Zeebruges, où se trouve le plus grand complexe de terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) d’Europe, à l’occasion d’une réunion consacrée à l’énergie.
L’Allemagne souhaite notamment bénéficier de la capacité d’importation de GNL de la Belgique. En effet, lorsque la Russie a interrompu ses livraisons de gaz à destination de l’Allemagne, les flux de GNL en provenance de la Belgique ont permis de compenser la diminution des flux russes. Et une fois le gazoduc Nord Stream 1 détruit, M. De Croo est en quelque sorte devenu l’un des meilleurs amis du chancelier allemand.
Le 1er février dernier, la ministre belge de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, avait indiqué sur Twitter que « la Belgique a aidé la France et l’Allemagne à surmonter leurs difficultés énergétiques en 2022 ».
« Nous pouvons faire preuve de solidarité avec nos voisins grâce à notre situation géographique unique et à nos interconnexions solides », avait-elle poursuivi.
Parmi les 27 États membres de l’Union européenne, l’Allemagne, l’Italie et la France sont les plus gros consommateurs de gaz naturel.
Zeebruges jouant un rôle important pour le gaz, Berlin cherche à renforcer le partenariat énergétique avec son voisin. Selon le journal De Tijd, l’Allemagne fait actuellement pression pour augmenter les importations de gaz via la Belgique afin de compenser les importations russes. La Belgique n’importe pour sa part que très peu de gaz russe (6,6% de son approvisionnement en 2020).
Depuis octobre 2021, en raison des réductions de livraisons de gaz de la Russie, l’on constate plusieurs changements dans les flux de gaz au niveau belge. Alors qu’auparavant le gaz circulait principalement du nord au sud, de la Norvège et des Pays-Bas vers la France, les flux se déplacent désormais d’ouest en est, du Royaume-Uni, du terminal GNL de Dunkerque en France et du terminal GNL de Zeebrugge en Belgique (tous deux exploités par Fluxys) vers l’Allemagne et les Pays-Bas.
Comme le montre le graphique ci-dessous, qui présente les flux physiques de gaz naturel et de GNL (TWh), l’augmentation des importations de l’Allemagne est particulièrement frappante.
On constate notamment qu’en janvier 2023 la Belgique a principalement importé du gaz naturel de Norvège (14,8 TWh) et principalement exporté du gaz naturel vers l’Allemagne (21,4 TWh).
Source : SPF Économie — Direction générale de l’Énergie.
Selon une récente étude du groupe de réflexion Ember, la Belgique est également devenue le troisième fournisseur de gaz naturel de l’Allemagne en 2022, juste derrière la Norvège et la Russie.
L’Allemagne, qui ne disposait jusqu’à récemment d’aucune infrastructure pour importer du gaz naturel liquéfié (GNL), a entrepris la construction de plusieurs terminaux. Mais bien que cette capacité doive être renforcée dans le futur grâce à des terminaux permanents, les experts estiment que Berlin devra encore compter sur les importations via la Belgique pendant un certain temps.
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Hydrogène vert
La coopération énergétique entre Berlin et Bruxelles « revêt une importance particulière pour l’avenir industriel [des deux pays] et pour permettre une transition fluide vers une économie respectueuse du climat », peut-on lire dans un communiqué de presse du Premier ministre belge, qui précise que cette coopération aidera également les deux pays à accroître leur indépendance énergétique.
Dans le même ordre d’idées, le mégaport d’Anvers-Bruges, récemment agrandi, continuera à jouer un rôle important dans l’approvisionnement de l’industrie allemande. Le port devrait ainsi devenir une plateforme d’importation d’hydrogène pour l’industrie allemande, grande consommatrice d’énergie.
En outre, en mai dernier, la Belgique, le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas ont signé la déclaration d’Esjberg et se sont engagés à porter la capacité de l’énergie éolienne en mer du Nord à 65 GW et celle de l’hydrogène vert à 20 GW d’ici à 2030, une initiative qui, selon le vice-chancelier allemand Robert Habeck, permettra de « réduire davantage la dépendance à l’égard des importations de gaz ».
La volonté d’intensifier la coopération dans le domaine de la production d’hydrogène vert à partir d’électricité renouvelable est particulièrement importante pour les industries qui cherchent à devenir neutres en carbone, et les quatre pays prévoient de développer les infrastructures correspondantes dans la région.
Au cours de la rencontre de ce mardi entre les deux chefs d’État, d’autres sujets devraient également être abordés, notamment les efforts en matière d’électrification et de capture du carbone.
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Une nouvelle interconnexion entre les deux pays ?
La Belgique et l’Allemagne disposent actuellement d’une interconnexion énergétique mise en place en 2020 (ALEGrO).
Lundi soir, le média Bloomberg, citant deux sources proches du dossier, rapportait que l’Allemagne et la Belgique envisagent de construire une deuxième interconnexion énergétique afin d’accroître les flux transfrontaliers d’électricité.
Les deux sources ont également indiqué que les opérateurs Amprion GmbH et Elia Group SA devraient signer un accord pour la réalisation d’une étude de faisabilité d’une telle interconnexion.
Celle-ci pourrait avoir une capacité de 1 gigawatt et être mise en service dès 2028, si l’on se réfère à un projet soumis précédemment au Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d’électricité (ENTSO-E).
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[Édité par Nikolaus J. Kurmayer]