Offres socialistes sur les portefeuilles clés de la Commission [FR]

Jeudi (2 juillet), Martin Schulz, le meneur du groupe de centre gauche au Parlement européen, a annoncé l’intention des socialistes d’obtenir plusieurs des portefeuilles importants de la prochaine Commission européenne.

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Jeudi (2 juillet), Martin Schulz, le meneur du groupe de centre gauche au Parlement européen, a annoncé l’intention des socialistes d’obtenir plusieurs des portefeuilles importants de la prochaine Commission européenne.

Se confiant aux journalistes à Bruxelles, M. Schulz a déclaré que sa famille politique était sous-représentée dans l’actuel collège de commissaires, et il a précisé qu’il entendait mettre la pression sur le futur président de la Commission pour l’attribution de portefeuilles aux sociaux-démocrates.

Questionné par EURACTIV sur ce que son groupe espérait obtenir, M. Schulz a énuméré les portefeuilles suivants : industrie, environnement, coopération internationale, développement, justice, commerce et marché intérieur.

Pour le moment, le centre gauche détient les portefeuilles de l’industrie, de la communication, de la fiscalité, des affaires économiques, de l’emploi et du commerce.

Alors que le Parlement nouvellement élu compte moins de membres que le précédent (736 contre 785), M. Schulz a déclaré que son groupe politique de 184 eurodéputés avait conservé la même proportion de sièges que lors de la législature 2004-2009, quand il en avait 215. Il était donc tout à fait logique qu’une proportion similaire de portefeuilles soit accordée au centre gauche dans la prochaine Commission, a-t-il dit (voir Contexte).

Vote sur Barroso

M. Schulz a déclaré qu’il était satisfait de la décision du groupe des Libéraux de s’opposer à la tenue d’un vote sur la reconduction de José Manuel Barroso à la Commission européenne lors de la session plénière de juillet du Parlement (EURACTIV 02/07/09). Son objectif de retarder le vote jusqu’à l’automne a été atteint, a-t-il dit.

M. Schulz a indiqué que la présidence suédoise allait maintenant organiser des consultations sur la question de savoir quand le Parlement devrait tenir le scrutin secret, mais il n’a pas précisé ce que ces consultations impliquaient. Il a accepté d’aller à Stockholm le 7 juillet, mais a exprimé la crainte que, en l’absence de préparations, les consultations se résumeraient à de sympathiques discussions.

Les socialistes refusent tout contact avec les « réactionnaires »

Pour M. Schulz, la décision des libéraux de refuser une alliance avec le groupe des conservateurs et réformateurs européens (ECR) pour soutenir M. Barroso est une autre victoire (EURACTIV 23/06/09). Le nouveau groupe anti-fédéraliste mené par les Conservateurs britanniques – qu’il appelle le groupe conservateur réactionnaire – a été désormais mis de côté, a-t-il déclaré, et aucune décision ne peut être prise dans la nouvelle assemblée sans le centre gauche. Une fois de plus, il a critiqué M. Barroso sur le soutien qu’il escompte de l’ECR pour sa nomination. 

M. Schulz s’est fermement opposé en personne à un autre mandate de M. Barroso à la tête de la Commission, mais il a admis que la décision de le soutenir ou pas serait prise collectivement en automne, une fois toutes les conditions réunies.

A la question de savoir si les consultations avaient commencé avec le Parti populaire européen (PPE) de M. Barroso (centre droit) sur le partage de la présidence du Parlement européen, M. Schulz s’est abstenu de tout commentaire, affirmant ne pas avoir contacté le dirigeant du PPE, Joseph Daul, depuis les élections européennes de juin (EURACTIV 25/06/09).

Il a ajouté que, en tant que deuxième groupe le plus important du Parlement, il était logique pour le centre gauche d’user de son influence sur ces questions. M. Schulz lui-même est largement considéré comme le potentiel candidat de centre gauche pour le poste, et on s’attend à ce qu’il offre le soutien de son groupe à M. Barroso en échange du poste ; cela le mettrait à la présidence de l’Assemblée de 2012 à 2014.

Un problème de nom

M. Schulz a admis que de nombreux socialistes ne se réjouissaient pas du nouveau nom du groupe, Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen (APSD) (EURACTIV 01/07/09) et il a appelé à un débat rationnel sur la question. Nous trancherons la question après les vacances parlementaires ; pour le moment, appelons donc le groupe « socialistes et démocrates », a déclaré M. Schulz.

Les socialistes français ont fait part de leur mécontentement : avec la naissance de l’APSD, la rose, l’emblème traditionnel du groupe de centre gauche, avait disparu des logos officiels, d’après EURACTIV France.