Ocean Viking : Marine Le Pen fustige l’hypocrisie de la France envers l’Italie

Alors qu’il refusait le débarquement de l’Aquarius en 2018, le gouvernement français s’est montré « hypocrite » vis-à-vis de l’Italie dans la crise diplomatique qui a suivi l’accueil des migrants transportés par l’Ocean Viking en France, lance Marine Le Pen au Corriere della Sera.

Euractiv France
French Parliament examines the two motions of no-confidence against the government
La présidente du groupe Rassemblement National Marine Le Pen à l'Assemblée nationale le 24 octobre dernier. [EPA-EFE/TERESA SUAREZ]

Alors qu’il refusait le débarquement de l’Aquarius en 2018, le gouvernement français s’est montré « hypocrite » vis-à-vis de l’Italie dans la crise diplomatique qui a suivi l’accueil des migrants transportés par l’Ocean Viking en France, lance Marine Le Pen, dans un entretien au Corriere della Sera.

La cheffe de file du Rassemblement national a jugé que « les accusations du gouvernement français contre l’Italie sont profondément injustes et révèlent un rejet de la démocratie », dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera publié mercredi (16 novembre).

Pour rappel, jeudi dernier, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin avait reproché au gouvernement de Giorgia Meloni son manque d’humanité et de professionnalisme.

Cela a abouti à une crise diplomatique entre les deux pays, que le président italien Sergio Mattarella et le président français Emmanuel Macron ont tenté de résoudre en début de semaine.

« Du cinéma »

« En refusant de débarquer l’Ocean Viking, le gouvernement de Rome ne fait que respecter la volonté du peuple italien », a indiqué l’ancienne candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle.

Quant au gouvernement français, Marine Le Pen le juge « hypocrite », car il a fait débarquer l’Ocean Viking en invoquant « des raisons humanitaires », alors qu’ « en 2018, le navire Aquarius a été refusé par la France et a été contraint de naviguer vers Valence. »

Selon Mme Le Pen, le comportement du gouvernement français s’explique d’abord par des questions de politique intérieure : Emmanuel Macron « a été très critiqué à gauche pour avoir rencontré [Giorgia] Meloni à Rome immédiatement [après sa nomination], il veut se faire pardonner ». L’ « agitation de notre gouvernement » est, à ce titre, « du cinéma ».

Interrogée par le Corriere sur le rôle des ONG, Mme Le Pen les considère comme « complices des passeurs ».

Les navires d’ONG qui sauvent les migrants naufragés devraient plutôt débarquer en Algérie ou en Tunisie, explique-t-elle, en dénonçant le « mépris » français et européen à considérer que leurs ports ne seraient pas sûrs pour les migrants.

Marine Le Pen assure que « le gouvernement français est favorable à l’immigration et ne veut pas le dire », alors que « la seule politique véritablement humanitaire [serait] une politique de fermeté ».

En effet, détaille-t-elle, « les pays européens n’ont rien à offrir à ceux qui arrivent ».

À la question de savoir si la mise en avant de l’intérêt national par les partis nationalistes européens n’était pas en réalité contre-productive, Mme Le Pen assène qu’ « il n’y a aucune incohérence […]. Je ne veux pas accepter de migrants dans mon pays et je ne veux pas non plus les imposer aux autres ».

« L’Union européenne ne peut pas imposer des migrants à des peuples qui n’en veulent pas », conclut-elle sur ce point.