Objectifs du Millénaire : l'Afrique en recherche de "compétitivité"

Lors d'un sommet organisé à Hammamet les 11 et 12 mars, des responsables africains sont parvenus à une position commune sur les priorités du développement après 2015, qui seront discutées aux Nations Unies à partir de septembre 2013.

EURACTIV.fr

Lors d’un sommet organisé à Hammamet les 11 et 12 mars, des responsables africains sont parvenus à une position commune sur les priorités du développement après 2015, qui seront discutées aux Nations Unies à partir de septembre 2013.

L’Afrique souhaite faire entendre sa voix dans la définition des Objectifs du Millénaire pour le développement  (OMD) après-2015.

La réunion du 11 et 12 mars 2013 entre ministres, parlementaires et décideurs africains, à Hammamet (Tunisie), accueillie par la Banque africaine de développement et copilotée par l’Union Africaine et les Nations Unies, couronne un processus de consultation regionale engagé depuis plusieurs mois.

La position officielle sera formalisée d’ici mai 2013 par l’Union africaine, dans la perspective des débats à l’ONU, qui démarrent en septembre.

Technologies et infrastructures

Les Africains recherchent désormais la “compétitivité” et demandent pour cela davantage d’infrastructures. Ce besoin se retrouve dans deux des trois priorités qui ont émergé des discussions: la transformation “structurelle” de l’économie, ainsi que le développement de l’innovation et le transfert de technologies.

Le développement humain constitue la troisième priorité. Cependant, les Africains demandent un changement d’approche : moins de quantité et plus de “qualité”.

Qualité contre quantité

En matière d’éducation notamment, les OMD sont  “attachés aux chiffres de scolarisation mais pas aux acquis en terme de connaissances” note Agnès Soucat, directrice du département du développement humain à la Banque africaine de développement. L’évaluation des progrès des élèves par des enquêtes de niveau est une piste à l’étude pour mieux piloter le développement éducatif.

Comme de nombreux observateurs, les Africains plaident également pour une reformulation des huit objectifs définis en 2000. Trois d’entre eux concernaient la santé (maternelle, infantile, résistance aux maladies). Or, « nombreux sont d’avis qu’ils peuvent etre regroupes dans un grand objectif  en mettant l’accent sur l’équité de l’accès aux soins », rapporte Agnès Soucat.

Changement climatique secondaire

Mais, contrairement aux Européens notamment, l’Afrique ne place pas la lutte contre le changement climatique à la tête de ses priorités. Elle est favorable à une économie verte, mais “sur une base volontaire”, ajoute-t-elle.

Dans la lignée du sommet Rio + 20 de juin 2012, la société civile espère pourtant intégrer les problématiques environnementales dans les politiques de développement après-2015. L’UE a marqué son intérêt pour cette approche.

Des compromis sont envisageables, à la condition que les partenaires de l’Afrique accèdent aux demandes du continent en termes d’infrastructures et de transferts de technologies, et s’avancent sur la question du financement, estime la directrice du développement humain.