Obama résolu à réformer Wall Street [FR]
Le président Barack Obama va engager les Etats-Unis dans la réforme de la réglementation financière lors du sommet du Groupe des 20 à Pittsburgh, et souligner le besoin pressant d’une coordination mondiale sur la question, selon les déclarations d’un haut conseiller le 16 septembre.
Le président Barack Obama va engager les Etats-Unis dans la réforme de la réglementation financière lors du sommet du Groupe des 20 à Pittsburgh, et souligner le besoin pressant d’une coordination mondiale sur la question, selon les déclarations d’un haut conseiller le 16 septembre.
C’est une question urgente, a déclaré aux journalistes Michael Froman, le négociateur en chef de M. Obama pour la réunion du G20 de la semaine prochaine.
Il a ajouté qu’il devait y avoir une approche cohérente de la réglementation entre juridictions pour éviter un nivellement vers le bas, où l’on assisterait à un afflux des acteurs financiers vers les pays à la surveillance plus laxiste.
M. Froman, le conseiller adjoint en matière de sécurité nationale de la Maison Blanche pour les affaires économiques internationales, a aussi affirmé que les pays du G20 rechercheraient une façon plus équilibrée d’atteindre une croissance économique mondiale.
Selon certains économistes privés, le déséquilibre entre les pays à croissance rapide comme la Chine, qui ont des hauts taux d’intérêt, et les Etats-Unis – avec son haut taux d’emprunt et de consommation – a contribué à poser les bases de la crise. Une bonne partie de l’excès en capital de la Chine a été investi aux Etats-Unis, faisant ainsi baisser les taux d’intérêt et contribuant à alimenter une bulle immobilière qui a finit par exploser.
Nous espérons sceller un accord avec le reste du G20 sur un cadre de travail pour une croissance équilibrée et durable, un ensemble de politiques, de paramètres et de procédés pour convenir de la manière d’éviter le type de déséquilibres qui ont participé à cette crise, a déclaré M. Froman.
Davantage d’exigences chinoises
Les Etats-Unis aimeraient voir la Chine progresser rapidement vers davantage d’incitants pour stimuler la demande des consommateurs sur son territoire. Mais tout rééquilibrage économique mondial demanderait aussi aux Etats-Unis d’accroître leur taux d’épargne des ménages.
Selon M. Froman, les discussions sur la manière d’atteindre une croissance et des processus mieux équilibrés afin d’assurer la responsabilité des acteurs dureront jusqu’à la veille même du sommet des 24 et 25 septembre.
Certains des homologues de M. Obama au G20 reprochent aux Etats-Unis la récession mondiale et se demandent avec inquiétude si les efforts de renforcement du système réglementaire américain n’auraient pas progressé trop lentement.
Le paquet réglementaire de M. Obama a connu des obstacles lors du passage au Congrès, mais la Maison Blanche affirme que le président s’engage à le remettre sur le droit chemin.
Je pense qu’il sera en position de force pour poursuivre son effort pour un agenda réglementaire, a affirmé M. Froman.
Il se rend à Pittsburgh capable de montrer que nous sommes tout à fait sérieux sur ces questions, a poursuivi M. Froman : nous agissons, nous sommes prêt à montrer l’exemple. Il a dressé la liste des questions clés du sommet : incitant économique, financement du Fonds monétaire international et réforme de la réglementation.
Des approches différentes des bonus des cadres
M. Froman a déclaré que le G20 chercherait à mettre en évidence la stabilisation de l’économie depuis le dernier sommet d’avril mais qu’il s’engagerait aussi à garder en place les mesures de stimulation afin de ne pas entraver la reprise.
Pittsburgh n’a pas vocation à être un tour d’honneur. Nous allons y souligner le besoin de rester vigilant afin d’éviter un retrait prématuré des mesures d’encouragement, a-t-il dit.
Le président français Nicolas Sarkozy fait pression pour imposer un plafond aux énormes bonus bancaires dont les critiques disent qu’ils encouragent des prises de risques excessives par les acteurs financiers concentrés sur leurs profits à court terme.
Mais les Etats-Unis s’opposent à cette idée et explique que les questions de la prise de risque et des bonus peuvent être réglées d’une autre manière, comme par exemple exiger plus de transparence, améliorer la gouvernance d’entreprise et encourager des structures salariales qui relient plus étroitement mieux la rémunération et les résultats.
Le président a été assez clair : il soutient une approche robuste de la rémunération des cadres, mais il rechigne à définir des niveaux individuels de rémunération, a déclaré M. Froman.
(EURACTIV avec Reuters. Traduit de l’anglais par EURACTIV)