Obama pas hostile à une taxe sur les transactions financières
Si certains pays, comme le Royaume-Uni, restent fermement ancrés sur leur position, les États-Unis seraient aujourd’hui plus ouvert à la discussion.
Si certains pays, comme le Royaume-Uni, restent fermement ancrés sur leur position, les États-Unis seraient aujourd’hui plus ouvert à la discussion.
Les tourments de la zone euro ont dominé les débats au cours des premières séances de travail au sommet du G20, jeudi 3 novembre. Mais les dirigeants ont tout de même évoqué le projet d’une taxe sur les transactions financières, cher au président français et à la chancelière allemande.
« Compréhension »
Les ministres des Finances du G20 l’avaient massivement rejeté mi-octobre. Mais le Président américain s’est montré plus ouvert à la discussion en étant prêt à reconnaître les bénéfices d’une telle taxe. Ce qui pourrait changer la donne.
Lors d’une conférence de presse, Nicolas Sarkozy a ainsi salué la « compréhension » de Barack Obama. « Je crois trouver une analyse commune, pour faire contribuer le monde de la finance à la résolution de la crise d’aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Opposition
La France et l’Allemagne ont encore l’espoir de réunir suffisamment de pays dans un « groupe leader » qui préparerait la mise en place de la taxe.
« L’Espagne, l’Argentine, l’Union Africaine, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud, le Secrétariat Général des Nations Unies se sont déclarés favorables au principe de cette taxe », a déclaré Nicolas Sarkozy, le 4 novembre. Le Brésil aurait également montré son « intérêt » pour cette démarche.
Mais les opposants au projet restent encore très nombreux, à commencer par le Royaume-Uni. Le pays, qui abrite la première place financière européenne, estime peu probable qu’une telle taxe soit mise en oeuvre autrement qu’à l’échelle internationale.
Les représentants des plus grandes entreprises mondiales, réunis mercredi lors du B20, sont également hostiles à cette idée.
Proposition de loi démocrate
En marge du G20, mercredi 2 novembre, deux parlementaires démocrates ont dévoilé une proposition de loi, visant à créer une taxe sur les transactions financières.
Le représentant Peter DeFazio et le sénateur Tom Harkin souhaitent appliquer une taxe de 0,03% sur les échanges d’actions, d’obligations et de produits dérivés. Elle pourrait entrer en vigueur dès 2013.
Cette formule diffère de celle proposée par la Commission européenne, fin septembre. Bruxelles envisage de taxer les échanges d’actions et d’obligations à hauteur de 0,1% et 0,01% pour les échanges de produits dérivés.
Renflouer l’État
Les organisations non-gouvernementales bataillent depuis des années pour qu’une taxe sur les transactions financières permette de financer le développement.
Mais comme en Europe, les deux élus démocrates y voient un moyen de renflouer les caisses de l’État américain. Ils espèrent que leur proposition sera examinée par la commission chargée de trouver des pistes pour la réduction du déficit.