Obama aurait tenté de protéger la Grèce des pressions européennes pendant la crise de la dette, selon Alexis Tsípras
L’ancien Premier ministre grec Alexis Tsípras révèle, dans ses mémoires fraîchement publiés, que Barack Obama l’avait discrètement averti en 2015 qu’un groupe influent au sein de l’UE poussait pour l’exclusion de la Grèce de la zone euro.
Son ouvrage, intitulé « Ithaca » — du nom de l’île d’Ulysse, symbole d’un retour tant attendu — revient en détail sur les mois de confrontation autour du plan de sauvetage, le référendum, et les négociations qui ont profondément divisé l’Europe et la Grèce.
Les révélations qui y sont faites ont d’oes et déjà ravivé les tensions politiques en Grèce et relancé les débats sur la gestion de la crise de la dette au plus fort de l’année 2015.
La sortie du livre lundi 24 novembre intervient également alors que des spéculations circulent sur le fait qu’Alexis Tsípras, qui a démissionné du parlement en octobre, pourrait préparer son retour sur la scène politique.
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L’appel téléphonique d’Obama
Alexis Tsípras, qui a été Premier ministre de 2015 à 2019, écrit que celui qui était alors président des États-Unis, Barack Obama, l’a appelé quelques heures avant un sommet européen d’urgence organisé à la suite du référendum de juillet 2015, au cours duquel 61 % des électeurs grecs ont rejeté les conditions de sauvetage fixées par les créanciers de l’UE.
« Il m’a félicité pour le référendum et m’a dit que cela avait renforcé ma position, mais que cela avait également déclenché des mesures visant à pousser la Grèce hors de la zone euro », relate Alexis Tsípras.
Barack Obama aurait averti que cette initiative était motivée par « des raisons politiques » et aurait exhorté Alexis Tsípras à « rester calme », lui assurant que les États-Unis suivraient de près l’évolution de la situation et interviendraient « en coulisses » si nécessaire.
Au début de l’année, l’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a confirmé à Euractiv qu’un certain nombre d’États membres de l’UE, animés par ce qu’il a qualifié de « points de vue ahistoriques », avaient effectivement cherché à exclure la Grèce de la monnaie unique, sous l’impulsion de Wolfgang Schäuble, qui était alors ministre allemand des Finances, et qu’Alexis Tsípras critique vivement dans son livre.
Vladirmir Poutine et l’Europe
Alexis Tsípras décrit également une réunion tendue avec le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg au cours de la même période. Cherchant à gagner du temps, l’ex-Premier ministre grec a demandé à Moscou d’acheter symboliquement pour 200 à 300 millions d’euros de bons du Trésor grecs.
La réponse de Vladimir Poutine a été très directe : « Il m’a dit qu’il préférerait donner cet argent à un orphelinat, car le donner à la Grèce reviendrait à le jeter à la poubelle », écrit Alexis Tsípras.
Il aurait également exhorté le dirigeant grec à trouver un compromis avec la chancelière Angela Merkel.