Nouvelle stratégie allemande des données : le gouvernement reconnaît un potentiel inexploité

Le cabinet fédéral allemand a adopté sa nouvelle stratégie nationale sur les données mercredi, avec pour objectif d’utiliser plus efficacement les données générées, de renforcer l’innovation numérique et d’améliorer la compétitivité.

EURACTIV Allemagne
Closed meeting of the German Federal Cabinet at Meseberg Palace
La stratégie nationale sur les données, présentée par les ministères du Numérique, de l’Économie et de l’Intérieur, a été adoptée lors d’une réunion gouvernementale à huis clos tenue à Meseberg et se fonde sur la stratégie sur les données de 2021. [clemens Bilan / EPA images]

Le gouvernement fédéral allemand a adopté sa nouvelle stratégie nationale sur les données mercredi (30 août), avec pour objectif de mieux utiliser le potentiel de la génération de données, et ce afin de renforcer l’innovation numérique allemande et d’améliorer sa compétitivité.

« Les données sont la matière première de la numérisation et nous disposons d’une énorme quantité de données », a souligné le ministre du Numérique, Volker Wissing (Parti libéral-démocrate, FDP) en présentant la décision du Conseil des ministres.

La stratégie nationale sur les données, présentée par les ministères fédéraux du Numérique, de l’Économie et de l’Intérieur, a été adoptée lors d’une réunion gouvernementale à huis clos tenue à Meseberg et se fonde sur la stratégie des données de 2021.

Il y a exactement un an, le gouvernement fédéral avait adopté un autre texte législatif clé sur le numérique : la stratégie numérique 2022, qui définissait le cadre de la politique numérique allemande pour la période législative courant jusqu’à 2025.

La stratégie 2023 des données vise à renforcer l’intégrité des données et ainsi contribuer à la compétitivité de l’Allemagne à l’épreuve du temps pour le secteur privé, la société civile, le domaine de la recherche et l’administration publique.

La nouvelle stratégie vise non seulement à compléter la stratégie existante en améliorant l’utilisation, la qualité et la communication sur les données, mais aussi à créer de nouveaux principes directeurs pour les futures politiques en matière de données.

« Jusqu’à présent, les données sont trop souvent restées inutilisées, ce qui a nui à l’innovation numérique. Ce [constat] s’applique aussi bien aux données industrielles qu’aux données publiques. Nous voulons et devons changer [cette situation] », a souligné M. Wissing.

Selon le ministère de l’Économie, 80 % des données générées par l’industrie ne sont pas utilisées. La nouvelle stratégie vise donc à libérer ce potentiel.

« La nouvelle stratégie sur les données constitue une étape importante dans cette direction et un projet phare pour la stratégie numérique », a précisé le ministre du Numérique.

Les chantiers de la numérisation

« En fin de compte, la stratégie sur les données ne sera couronnée de succès que si elle est reliée à d’autres programmes numériques. Les données, l’IA, la politique d’innovation et le financement de la numérisation ne peuvent fonctionner que s’ils sont considérés ensemble », a déclaré Bernhard Rohleder, directeur général de Bitkom, une association qui représente plus de 2 000 entreprises du secteur numérique.

Il y a tout juste deux jours, Bitkom a publié un bilan annuel de la stratégie numérique de l’Allemagne. Selon ce rapport, 11 % des 334 projets lancés par le gouvernement fédéral depuis 2021 ont été menés à bien, 66 % sont en cours de mise en œuvre et 23 % des projets approuvés n’ont pas encore été lancés.

« Le gouvernement fédéral a créé un programme ambitieux, mais tarde à le mettre en œuvre », a conclu le PDG de Bitkom, Ralf Wintergerst.

Selon Bitkom, les principaux chantiers de la numérisation concernent surtout les écoles primaires, les administrations et les politiques publiques sur les données.

De plus, les projets varient grandement en complexité et en pertinence. Certains projets requièrent un large éventail de ressources ou nécessitent une coordination administrative incluant les niveaux fédéral et européen, tandis que d’autres sont bien plus modestes.

« La seule façon de surmonter l’image déformée de l’utilisation et de la protection des données qui existe depuis des décennies consiste à développer une solide expertise en matière de données en Allemagne. Ce sont les deux faces d’une même pièce : une protection efficace des données crée un espace pour l’échange et l’utilisation des données », a déclaré Dirk Freytag, président de l’Association allemande pour l’économie numérique (BVDW).

[Édité par Anne-Sophie Gayet]