Nouvel effort de transparence sur l'aide de la France au Mali
Après un faux départ, la France a relancé son site internet sur la transparence de l’aide au Mali. Une première étape qui dans la mise aux standards internationaux de l’aide au développement française.
Après un faux départ, la France a relancé son site internet sur la transparence de l’aide au Mali. Une première étape qui dans la mise aux standards internationaux de l’aide au développement française.
La traçabilité de l’aide française au Mali est désormais chose faite. Depuis le 31 janvier, les citoyens français ou maliens ont accès à une nouvelle version du site sur la transparence de l’aide au Mali. Un outil qui permet de suivre la mise en place des projets de développement et d’urgence humanitaire financés par la France dans le pays.
« Ce site résulte d'une volonté de transparence de la France en matière d'aide publique au développement », relève le ministère des Affaires étrangères.
Une initiative qui avait pourtant mal commencé. Lors du lancement de la première mouture en septembre 2013, les ONG françaises avaient dénoncé un site qui ne répondait aux normes de l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA), un engagement pourtant pris par la France lors du G8 de juin 2013.
« Jusqu’ici, la France avait traîné un peu des pieds pour adopter ce standard international » a reconnu le ministre en charge du développement, Pascal Canfin, lors d’une audition à la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale le 28 janvier.
La norme, largement utilisée par les bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, Commission européenne, Royaume-Uni, etc.) doit maintenant être étendue, d’ici à la fin de l'année 2014, aux 16 autres pays prioritaires à l’aide publique française (Bénin, Burkina Faso, Burundi, République centrafricaine, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Ghana, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Togo, Sénégal)
« Nous avons mené une expérience pilote en septembre 2013 au Mali et nous nous engageons dans la loi à l’étendre aux 16 pays pauvres prioritaires qui reçoivent l’essentiel de nos dons », a confirmé le ministre.
L’engagement français en matière de transparence sera par ailleurs inscrit dans la loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale, actuellement en discussion au Parlement.
Standard commun
Plusieurs ONG (Oxfam France, ONE France et Publish what you fund ) ont salué le nouveau site, « enfin conforme au standard international de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide ».
« Ceci est un grand pas en avant – et dans la bonne direction » a affirmé David Hall-Matthews, Directeur de Publish What You Fund.
« En publiant des données d'aide selon un standard commun, nous pouvons commencer à suivre les flux financiers de l’aide au développement tout au long du processus jusqu’au terrain. Nous attendons avec impatience que la France poursuive la publication de son aide au développement selon l’IITA et que cette pratique se généralise à l’ensemble des pays où la France agit. »