Nicolas Sarkozy veut défendre la PAC "à l’euro près"

Deux jours après les déclarations du commissaire européen au budget, qui souhaitait une "réduction de la part" des dépenses agricoles dans les finances de l’UE, le Président français contre-attaque.

EURACTIV.fr
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Deux jours après les déclarations du commissaire européen au budget, qui souhaitait une « réduction de la part » des dépenses agricoles dans les finances de l’UE, le Président français contre-attaque.

La France bloquera toute réforme de la politique agricole commune (PAC) qui ne maintiendrait pas son budget, a déclaré jeudi 12 mai, Nicolas Sarkozy lors d’une visite en Picardie. 

Pas nouveau 

Le chef de l’État s’est dit prêt à envisager des aménagements mais a exclu que l’enveloppe financière de la PAC ne soit diminuée.

« La France veut le maintien du budget de la politique agricole commune à l’euro près », a-t-il dit lors d’une table ronde avec des agriculteurs organisée à Arras. « Si on ne peut pas comprendre cela, la France bloquera. »

Cette position stricte du Président français n’est pas nouvelle. Lors de ses voeux au monde agricole, il avait déjà déclaré qu’il défendrait une enveloppe budgétaire au moins égale. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, l’avait répété en février dernier et l’Allemagne, autre grand bénéficiaire de cette politique, est sur la même ligne. 

De son côté, la Commission européenne souhaiterait voir la part du budget communautaire consacré à cette politique, diminuer. Cela ne se signifie pas nécessairement une baisse des sommes brutes allouées à l’agriculture, si dans le même temps l’UE dispose de moyens supplémentaires pour financer ses autres politiques. Mais cette option est peu probable en ces temps d’austérité. 

Contre un accord avec le Mercosur

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy a jugé inacceptable le projet d’accord de libre-échange en négociation entre l’Union européenne et le Mercosur (zone de libre échange d’Amérique du sud). Selon lui, des études d’impact montrent que les revenus des éleveurs européens pourraient connaître des baisses de 20% à 25% si elles étaient appliquées en l’état.

« Je ne peux pas l’accepter. Je ne l’accepterai pas », a-t-il martelé, en ajoutant que « le Brésil doit comprendre qu’il doit y avoir une ligne rouge ».

L’UE et le Mercosur ont relancé en mai 2010 des discussions bloquées depuis six ans avec pour objectif de créer la zone de libre échange la plus grande au monde. Elles regrouperait 750 millions de personnes et un montant de marchandises évalué à 65 milliards d’euros par an. L’objectif est de parvenir à un accord à la mi-2011.