Nicolas Sarkozy veut créer un « Groupe des Amis du peuple syrien »
Hier (5 février), les Etats occidentaux et arabes sont se montrés indignés après que la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution de l'ONU qui aurait plaidé en faveur du projet arabe de pousser le président syrien, Bachar al-Assad, à quitter le pouvoir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé de créer le « Groupe des Amis du peuple syrien » pour soutenir cette initiative.
Hier (5 février), les Etats occidentaux et arabes sont se montrés indignés après que la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution de l'ONU qui aurait plaidé en faveur du projet arabe de pousser le président syrien, Bachar al-Assad, à quitter le pouvoir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a proposé de créer le « Groupe des Amis du peuple syrien » pour soutenir cette initiative.
La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a qualifié ce veto de « farce ». Ce vote a eu lieu un jour après que des activistes ont affirmé que les forces syriennes avaient bombardé la ville de Homs, entraînant la mort de 200 personnes lors du pire bain de sang en 11 mois de soulèvement.
La Russie a quant à elle déclaré que cette résolution manquait d'objectivité et que cela reviendrait à prendra parti dans une guerre civile. La Syrie est le seul grand allié de Moscou au Moyen-Orient, elle héberge une base navale russe et achète ses armes. Le veto de la Chine semble similaire à celui exprimé par la Russie.
Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a déclaré que Moscou et Beijing avaient tourné le dos au monde arabe. Le Français Alain Juppé a affirmé que ces pays portaient « une terrible responsabilité aux yeux du monde et du peuple syrien ».
Mme Clinton a affirmé que les Etats-Unis coopéreraient avec d'autres pays pour tenter de renforcer les sanctions « régionales et nationales » contre le gouvernement Assad, afin d'« assécher les sources de financements et de mettre un terme aux convois d'armes qui permettent à la machine de guerre du régime de fonctionner ».
« Nous tenterons de dénoncer qui sont ceux qui continuent de financer le régime et de lui envoyer des armes utilisées contre des Syriens sans défense, y compris des femmes et des enfants », a-t-elle déclaré. « Nous travaillerons avec les partisans d'une Syrie démocratique dans le monde, afin de soutenir les projets de changements politiques pacifiques de l'opposition. »
Coalition des volontaires ?
Mme Clinton n'est pas entrée davantage dans les détails s'agissant des pays qui pourraient se réunir et de la nature même de leurs actions. Il semble toutefois que les Etats-Unis pourraient tenter de mettre sur un pied un groupe des « Amis de la Syrie », suite à la proposition du président français, Nicolas Sarkozy, pour soutenir l'initiative de la Ligue arabe, dans la mesure où il n'est pas possible d'avancer sur ce dossier au niveau de l’ONU, en raison du veto de la Russie et de la Chine.
M. Sarkozy reçoit la chancelière allemande, Angela Merkel, aujourd'hui à Paris et les deux chefs d'Etat devraient s'exprimer à la télévision sur un large éventail de sujets, y compris l'escalade de la violence en Syrie.
Les 13 autres membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution qui aurait témoigné d'un soutien total au projet de la Ligue arabe qui souhaite que M. al-Assad transmette son pouvoir au vice-président, que les troupes quittent les villes et que la transition démocratique soit entamée.
Les critiques de l'Occident ont été relayées au Moyen-Orient, où les puissances arabes comme l'Arabie Saoudite et non arabes comme la Turquie ont pris position contre le régime de M. al-Assad.
« Malheureusement, hier, la logique de la guerre froide a persisté à l'ONU », a déclaré le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davuto?lu. « La Russie et la Chine n'ont pas voté en se fondant sur la réalité de la situation, mais plutôt en adoptant une attitude réflexive contre l'Occident. »
Le représentant de la Russie à l'ONU, Vitaly Churkin, a accusé les partisans de cette résolution d'« appeler à un changement de régime, de pousser l'opposition vers le pouvoir, de ne pas mettre un terme à leurs provocations et d'alimenter un conflit armé ».
« Certains membres influents de la communauté internationale, y compris ceux assis à cette table malheureusement, empêchent depuis le début l'établissement d'une stabilité politique », a-t-il déclaré.