Nicolas Sarkozy appelle la Chine à prendre ses responsabilités

A la veille du Sommet UE-Chine, Nicolas Sarkozy en visite officielle à Pékin a sommé les autorités chinoises de prendre leurs responsabilités dans le domaine de la protection de l’environnement, du commerce international et de la politique de change.

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A la veille du Sommet UE-Chine, Nicolas Sarkozy en visite officielle à Pékin a sommé les autorités chinoises de prendre leurs responsabilités dans le domaine de la protection de l’environnement, du commerce international et de la politique de change.

En bref  :

La croissance chinoise « ne doit pas se faire au prix d’une dégradation de l’environnement mondial », a affirmé le président de la République lors d’un voyage officiel de quatre jours en Chine. Il faut « aider les Chinois à trouver un modèle de croissance durable », qui ne pourrait être celui que les pays développés ont connu en leur temps. La France et la Chine ont d’ailleurs adopté une déclaration conjointe sur la lutte contre les changements climatiques.

Dans le domaine monétaire, le chef de l’État a affirmé qu’« un grand pays doit avoir une monnaie forte » et qu’un « équilibre juste entre les grandes monnaies » est nécessaire. Appelant la Chine à « accélérer l’appréciation du yuan par rapport à l’euro », il a insisté sur le « rôle capital » que le pays avait à jouer « pour ne pas laisser s’accumuler les déséquilibres jusqu’à un point où nous ne saurons plus comment nous en sortir ».

Pour ce qui est du commerce international, Nicolas Sarkozy a indiqué qu’il entendait « convaincre la Chine de poursuivre les efforts qu’elle a engagé en termes de protection de la propriété intellectuelle, de sécurité des produits, de gouvernance économique, d’ouverture réelle au commerce mondial et aux investissements étrangers ». Le président a aussi fortement insisté sur le thème de la réciprocité, qui doit, selon lui, gouverner « des relations mutuellement bénéfiques ».

Sur les questions commerciales et monétaires, la France est au diapason des positions européennes. Le chef de l’État a d’ailleurs indiqué qu’il s’était entretenu avec les autorités de l’UE pour harmoniser leurs points de vue. « Je souhaite que l’UE s’engage sur ces questions », a-t-il ajouté en indiquant qu’il s’y attacherait pendant la présidence française de 2008.

La visite du président français précède un sommet UE-Chine, durant lequel les dirigeants européens devraient se montrer exigeants vis-à-vis de Pékin.

Le commissaire européen au commerce extérieur, Peter Mandelson, devrait menacer la Chine d’actions plus sévères de la part de Bruxelles si le pays n’évolue pas sur les questions des restrictions à l’investissement et des obstacles bureaucratiques et de la contrefaçon.

La délégation européenne sera accompagnée de l’ensemble des représentants de la zone euro, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le gouverneur de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, et le commissaire aux affaires monétaires, Joaquín Almunia. Ces derniers devraient à nouveau insister sur la nécessité d’une réévaluation du yuan par rapport à l’euro. (Lire EURACTIV 14/11/07).

Des thèmes de désaccord avec l’UE

Au moment de signer pour plus de vingt milliards d’euros de contrats avec les entreprises françaises, dont Areva, Airbus mais aussi EDF, Alcatel-Lucent ou Sanofi-Aventis, Nicolas Sarkozy s’est également montré soucieux de ne pas heurter frontalement les autorités chinoises.

Si le chef de l’État a appelé la Chine à prendre ses responsabilités, il a donc aussi pris soin de répéter que la France était « engagée aux côtés de la Chine » et a appelé à la « coopération et au dialogue avec le souci d’avancer ensemble », « entre amis, entre partenaires ». Le chef de l’État a aussi réaffirmé le soutien de la France à la Chine sur trois dossiers sensibles : l’unicité de la Chine et le refus de l’indépendance de Taïwan, la souveraineté de la Chine sur le Tibet et la levée de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine. Sur l’ensemble de ces sujets, la France est beaucoup plus isolée au sein de l’Union européenne.