Nicolas Sarkozy appelle à voter Emmanuel Macron, la droite se fracture
L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, issu de la droite, a appelé à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de l’élection présidentielle, par « fidélité aux valeurs de la droite républicaine et à notre culture de gouvernement ».
L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, issu de la droite, a appelé à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de l’élection présidentielle le 24 avril prochain, par « fidélité aux valeurs de la droite républicaine et à notre culture de gouvernement », et tranche avec la position de son ancien parti.
Son soutien était certainement attendu, mais intervient après que la direction des Républicains a décidé de ne pas donner de consigne de vote, tout en précisant qu’aucune voix ne devait se porter sur Marine Le Pen.
L’ancien président a ainsi voulu « répondre à l’appel au rassemblement d’Emmanuel Macron en vue de l’élection présidentielle », en saisissant la main tendue par le président sortant à « tous ceux qui veulent travailler pour la France ».
Nicolas Sarkozy est aussi convaincu par les qualités d’Emmanuel Macron, qui « a l’expérience nécessaire face à une grave crise internationale […] son projet économique met la valorisation du travail au centre de toutes ses priorités […] son engagement européen est clair et sans ambiguïté ».
Des compliments qui ne sont pas anodins, sachant qu’il avait refusé de sortir de sa réserve pour soutenir la candidate de son camp, Valérie Pécresse, qui fut sa ministre.
Un tacle à son ancien parti
Implicitement, les mots sont durs envers le parti de la droite, Les Républicains, qu’il avait fondé. Ce dernier a refusé d’appeler à voter pour Emmanuel Macron au lendemain du premier tour, en se limitant à demander qu’aucune voix ne se reporte sur la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen.
En effet, l’ancien président considère qu’il « faudra sortir des habitudes et des réflexes partisans » et rappelle « les valeurs de la droite républicaine » et la « culture de gouvernement », qui imposent d’opérer un choix au profit d’Emmanuel Macron.
En conclusion, il tacle l’ambiguïté de la position du parti, lorsqu’il assure qu’ « on ne se trompe jamais en choisissant la clarté et la constance ».
Nicolas Sarkozy, officiellement retiré de la vie politique, avait multiplié les contacts avec le président Macron tout au long du quinquennat, et dans les derniers temps avec son entourage.
Selon des indiscrétions de l’hebdomadaire Le Point, il avait déjeuné avec le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, homme de droite et poids lourd des macronistes, afin de négocier le ralliement de plusieurs dizaines de députés de droite en vue des élections législatives, pour créer une nouvelle majorité en juin.
La droite est depuis le premier tour de dimanche divisée, entre ceux qui considèrent que le ralliement et le soutien à Emmanuel Macron est le chemin naturel de la droite, et ceux qui refusent de s’y résoudre : le président du groupe Les Républicains au Sénat Bruno Retailleau considère que « la position de Nicolas Sarkozy est personnelle » et que « nous ne reconstruirons pas la droite en nous diluant dans le macronisme ».
Éric Ciotti, qui avait été battu au Congrès par Valérie Pécresse, a annoncé dès dimanche soir qu’il ne votera pas pour Emmanuel Macron, sans plus de précisions.
Il s’agit d’une rupture importante dans l’histoire de la droite républicaine, qui avait toujours appelé explicitement à faire barrage à l’extrême droite par le vote à la personne qui y était opposée.