Naufrage de Crotone : le gouvernement italien reproche à Frontex de ne pas avoir donné l'alerte
L’agence Frontex n’a fourni aux autorités italiennes aucun avertissement concernant les migrants dont le bateau a fait naufrage au large des côtes de Calabre, faisant de nombreux morts à la fin du mois de février, a déclaré le ministre de l’Intérieur italien.
L’agence européenne des frontières Frontex n’a fourni aux autorités italiennes aucun avertissement ou alerte de détresse concernant les migrants dont le bateau a fait naufrage au large des côtes de Calabre, faisant de nombreux morts à la fin du mois de février, a déclaré le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi. Il a ainsi clarifié la position de son gouvernement dans le cadre d’une réunion d’information urgente avec le Parlement.
M. Piantedosi s’est adressé mardi (7 mars) à la chambre basse, puis au Sénat, au sujet des accusations portées contre le gouvernement concernant la manière dont il a géré le naufrage du navire de migrants près de la ville calabraise de Crotone, lequel a fait 72 morts et un nombre indéterminé de personnes portées disparues.
S’adressant aux législateurs, M. Piantedosi a réfuté l’idée que son gouvernement ait empêché la mise en œuvre des opérations de sauvetage, réitérant que Frontex n’avait pas envoyé d’alertes de détresse. Le premier appel de détresse aurait été reçu à 4 heures du matin et les premiers secours seraient arrivés peu de temps après.
« Les rapports de Frontex sur le bateau ne faisaient pas état d’une situation dangereuse. Deuxièmement, il n’y a eu aucun appel de détresse », a déclaré le ministre.
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EURACTIV a été informé par une source au sein de Frontex qu’ils avaient intercepté le navire dans la nuit du 25 février et qu’ils avaient ensuite transmis leurs informations aux autorités italiennes. Cette source a ajouté que des renseignements concernant les mauvaises conditions en mer, les images thermiques — qui ont révélé la possibilité de la présence d’un grand nombre de personnes à l’avant du bateau — ainsi que d’autres données ont été communiquées à l’Italie.
À la suite des informations fournies par Frontex, les autorités italiennes ont envoyé deux bateaux de patrouille de la Garde des finances (Guardia di Finanza) afin qu’ils interceptent le navire. Les bateau de patrouille ont toutefois été contraints de rentrer au port en raison des mauvaises conditions météorologiques et de l’état de la mer, comme le précise la Garde des Finances dans un communiqué de presse publié lundi.
M. Piantedosi a également rappelé que les autorités italiennes avaient secouru plus de 36 000 personnes depuis le mois d’octobre et que le gouvernement de Giorgia Meloni continuait à œuvrer pour que la question de l’immigration irrégulière soit à nouveau débattue au niveau national et européen.
« Partant du principe que la cause principale, immédiate et directe est liée aux réseaux criminels qui aident et facilitent l’immigration clandestine et que la cause profonde réside dans les déséquilibres persistants et croissants entre le Nord et le Sud, ce gouvernement a enfin ramené la question de l’immigration au centre des priorités politiques », a souligné M. Piantedosi.
« J’ai lancé un appel pour que la vie des individus ne soit plus livrée aux mains de vils criminels, et je ne veux en aucun cas rejeter la faute sur les victimes. Je regrette profondément que le sens de mes propos ait été interprété différemment », a poursuivi le ministre.
La majorité gouvernementale a défendu le discours de M. Piantedosi et a demandé à l’opposition, qui accuse le gouvernement d’être à l’origine des pertes en mer, de s’en tenir aux enquêtes en cours sur la tragédie et de ne pas se livrer à des spéculations.
Du côté de l’opposition, Peppe Provenzano (Parti démocrate — S&D) réclame que le gouvernement soit accusé du crime de tuerie de masse. Il rappelle ainsi les propos de l’actuelle Première ministre Mme Meloni qui, en 2015, avait accusé l’ancien Premier ministre Matteo Renzi (Italia Viva – Renew) de ce même crime à propos d’un naufrage dans le canal de Sicile.