Mouammar Kadhafi s'apprête à porter un « coup fatal » aux rebelles, l'UE reste en retrait
La France et le Royaume-Uni ont fait un dernier effort hier (16 mars) pour pousser le Conseil de sécurité de l'ONU à soutenir une résolution qui inclurait une zone d'exclusion aérienne en Libye. Alors que la communauté internationale ne semble pas prête à agir, les troupes de Mouammar Kadhafi se préparent à porter un « coup fatal » à la capitale rebelle, Benghazi.
La France et le Royaume-Uni ont fait un dernier effort hier (16 mars) pour pousser le Conseil de sécurité de l'ONU à soutenir une résolution qui inclurait une zone d'exclusion aérienne en Libye. Alors que la communauté internationale ne semble pas prête à agir, les troupes de Mouammar Kadhafi se préparent à porter un « coup fatal » à la capitale rebelle, Benghazi.
Alors que les troupes du colonel Kadhafi marchent vers la capitale des rebelles, Benghazi (voir « Background »), le président français, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre britannique, David Cameron, ont signé une lettre à l'intention des chefs d'Etat membres du Conseil de sécurité des Nations unies, leur demandant d'apporter leur soutien immédiatement à une résolution qui inclurait l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.
Prendre des initiatives
Au parlement à Westminster, M. Cameron a déclaré qu' « après une longue discussion avec le Liban, la France, les Etats-Unis et les autres », le Royaume-Uni avait proposé un nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité à l'ONU.
« Cette ébauche inclut une zone d'exclusion aérienne interdisant tous les vols sauf les vols humanitaires, ainsi qu'une interdiction de voyage et un gel des actifs, et une application plus stricte de l'embargo sur les armes, surtout pour le gouvernement libyen », a expliqué le premier ministre.
« Bien sûr, les avis divergent au sein de l'ONU, mais je demande aux autres de choisir la bonne décision pour que nous prenions des initiatives concernant ce problème et que nous nous assurions que ce régime ne sera plus », a déclaré M. Cameron.
Lors du sommet européen du 11 mars, la France et le Royaume-Uni étaient les seuls pays à demander que les options militaires soient envisagées afin d'empêcher le colonel Kadhafi de massacrer son peuple.
Dans le même temps, le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a écrit sur son blog que seule la force pourrait arrêter M. Kadhafi.
Dans un texte intitulé « Notre honneur », il a écrit : « Il ne suffit pas de proclamer, comme l’ont fait à peu près toutes les grandes démocraties, que “M. Kadhafi doit partir”. Il faut se donner les moyens d’aider efficacement ceux qui ont pris les armes contre sa dictature ».
« Les sanctions juridiques et financières décidées par les Nations Unies et l’Union européenne sont utiles. Mais on sait qu’elles ne donnent de résultats qu’au bout de plusieurs mois. Or, il y a urgence […] Il est souvent arrivé dans notre histoire contemporaine que la faiblesse des démocraties laisse le champ libre aux dictatures. Il n’est pas encore trop tard pour faire mentir cette règle », a-t-il écrit.
Le dictateur récompenserait l'Allemagne
M. Kadhafi a violemment critiqué les puissances occidentales à la télévision allemande mardi, affirmant que l'Allemagne était le seul pays qui avait encore une chance de faire du commerce de pétrole avec la Libye à l'avenir.
« Nous ne faisons pas confiance à leurs entreprises, ils ont conspiré contre nous », a-t-il déclaré dans des extraits d'un enregistrement qui sera diffusé sur RTL plus tard dans la journée. « Nos contrats sur le pétrole vont aux entreprises russes, chinoises et indiennes. Nous oublions l'Occident ».
Parmi les pays occidentaux, seule l'Allemagne, qui s'est montrée hésitante quant à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne dans le pays pour protéger les rebelles luttant contre le dirigeant, a été qualifiée de « responsable ».
« Les Allemands ont adopté une très bonne attitude à notre égard, à la différence de nombreux autres pays importants à l'ouest », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il imaginait que la Libye pourrait travailler avec des entreprises allemandes à l'avenir.
Le président français, Nicolas Sarkozy, et la Grande-Bretagne ont pris les devants en demandant une zone d'exclusion aérienne, mais l'Allemagne et la Russie ont affirmé que cette décision pourrait être contre-productive. Lors de l'entretien, M. Kadhafi a dit que M. Sarkozy était son ami, mais qu'il souffrait « d'une maladie mentale ».
Dans un autre entretien, le fils de M. Kadhafi, Saif al-Islam, a déclaré que le régime de son père avait permis de financer la campagne électorale de 2007 du président Sarkozy.
« Nous l'avons financée et nous avons tous les détails, nous sommes prêts à tout révéler », a déclaré Saif al-Islam dans un entretien avec la chaîne télévisée Euronews mercredi. Le bureau de M. Sarkozy a rejeté ces accusations.
Le fils de M. Kadhafi s'est également moqué des discussions sans fin entre les puissances mondiales sur l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.
« Les opérations militaires sont terminées. Dans 48 heures, tout sera fini. Nos forces sont proches de Benghazi. Peu importe la décision qui sera prise, ce sera trop tard », a déclaré Saif al-Islam à Euronews.