Moscou et Kiev organisent des sommets du gaz concurrents [FR]
Dix jours après que 18 Etats membres de l’UE ont commencé à subir des pénuries de gaz, Moscou et Kiev préparent des sommets concurrents avec des leaders européens lors du week-end, alors que l’UE lutte pour coordonner sa réponse en matière de politique étrangère.
Dix jours après que 18 Etats membres de l’UE ont commencé à subir des pénuries de gaz, Moscou et Kiev préparent des sommets concurrents avec des leaders européens lors du week-end, alors que l’UE lutte pour coordonner sa réponse en matière de politique étrangère.
Le président russe Dmitri Medvedev accueillera demain (17 janvier) un sommet international avec des pays consommateurs et des pays de transit pour discuter de la stabilité de l’approvisionnement du gaz destiné à l’Europe, a annoncé le Kremlin hier (15 janvier).
Le sommet se tiendra à Moscou, et le ministère des Affaires étrangères envoie déjà des invitations, a ajouté le Kremlin.
Parallèlement, le président ukrainien Viktor Yuschenko a appelé à un sommet des dirigeants d’Europe de l’Est à Kiev aujourd’hui (16 janvier) afin de coordonner leurs positions. Un porte-parole a indiqué que cinq dirigeants devraient s’y rendre, mais il n’a cité que le président Polonais Lech Kaczynski et son homologue lituanien Valdas Adamkus.
En outre, le Premier ministre ukrainien Yulia Tymoshenko devrait se rendre à Moscou, en principe pour des négociations en tête-à-tête avec son homologue Vladimir Poutine. Elle pourrait également participer au sommet de Moscou, ce qui confirme les idées selon lesquelles Mme Tymoshenko et le président Yushchenko agissent dans des camps opposés.
Aujourd’hui, M. Poutine se rendra à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel au cours d’une visite qui a été prévue avant le début de la crise.
Quant à M. Yuschenko, il a été reçu au pied levé par le Premier ministre britannique Gordon Brow, dont le bureau a qualifié les négociations de constructives.
Outre les initiatives diplomatiques, la Russie et l’Ukraine semblent également présentes sur d’autres fronts, les deux parties proposant des idées sur la manière de résoudre la crise.
M. Poutine a laissé entendre aujourd’hui que les clients européens pourraient former un consortium pour acheter directement à la Russie le « gaz technique » qui est nécessaire pour pomper les approvisionnements par le biais des gazoducs ukrainiens. Moscou a insisté plus tôt sur le fait que l’Ukraine devrait payer pour le gaz technique. L’Italie a qualifié cette idée de constructive, mais d’autres pays de l’UE ne se sont pas empressés de donner leur avis.
M. Yuschenko s’est opposé à la proposition russe, indiquant à Londres que l’Ukraine était prête à pomper du gaz naturel russe destiné à l’Europe à titre gracieux jusqu’à ce qu’un accord soit conclu. Toutefois, il a indiqué que pour commencer le pompage, la Russie devra tout d’abord livrer le gaz au système de gazoducs de transit ukrainien.
Reste à savoir comment l’UE sera représentée lors du sommet de Moscou. Jusqu’ici, les annonces laissent entendre que le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs et le ministre tchèque à l’Energie Martin Riman, représentant la présidence, y participeront, à condition que les dirigeants russes et ukrainiens soient pleinement impliqués.
La Commission craint que M. Poutine n’utilise le sommet de Moscou à des fins de propagande, à l’instar de la récente visite des Premiers ministres slovaques et bulgares (EURACTIV 15/01/09). Mais dans le cas où l’Ukraine ne serait pas représentée, l’exécutif européen serait incapable d’empêcher certains Etats membres d’y participer, a déclaré un diplomate.
Des sources des institutions de Bruxelles ont déclaré à EURACTIV que la Russie se montre plus judicieuse que l’Ukraine, supposant qu’un réseau d’anciens agents du KGB de l’ancienne République soviétique contribuent probablement à affaiblir l’influence de l’Ukraine.