Mort du pape François : quel impact sur l'année jubilaire en cours ?

Le pape François est décédé lundi 21 avril 2025, en plein Jubilé — un évènement majeur qui, tous les 25 ans, réunit des millions de catholiques venus du monde entier.

/ EURACTIV.com
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Le pape François s’est éteint à l'âge de 88 ans, après douze années de pontificat. [EPA-EFE/ETTORE FERRARI]

Le pape François est décédé lundi 21 avril 2025, en pleine période de Jubilé — un évènement majeur qui, tous les 25 ans, réunit des millions de catholiques venus du monde entier.

Le pape argentin s’est éteint à l’âge de 88 ans, après douze années de pontificat, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Il avait lancé, le 24 décembre 2024, le Jubilé 2025 avec la cérémonie d’ouverture de la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre de Rome. L’année sainte, placée sous le thème des « Pèlerins d’espérance », devait se terminer le 6 janvier 2026 lorsqu’il fermerait cette même porte. Désormais, une question est sur toutes les lèvres : à qui reviendra la responsabilité de conclure cette année si intensément marquée par les célébrations ?

Selon le ministère italien du Tourisme, le Jubilé 2025 devait attirer environ 35 millions de visiteurs à Rome, où se déroulent des rassemblements spirituels et pèlerinages. Toutefois, la vacance du siège pontifical pourrait entraîner des ajustements : certaines célébrations risquent d’être reportées, allégées, voire temporairement suspendues.

Une fois le prochain pape élu, ce dernier pourrait insuffler sa propre vision à l’évènement en redéfinissant son orientation, voire en modifiant certains moments clés du programme initial.

Une telle situation ne s’est produite qu’une seule fois depuis l’instauration du Jubilé en 1300. En 1700, le pape Innocent XII, trop affaibli pour présider personnellement l’ouverture de l’année sainte, avait accordé sa bénédiction à distance. Il mourut quelques mois plus tard, sans avoir pu assister à la clôture du Jubilé.

Son successeur, Clément XI, devint le premier pape de l’histoire à conclure une année jubilaire entamée par un autre.

Habemus papam

De nombreuses personnalités politiques devraient assister aux funérailles du pape François, qui auront lieu samedi 26 avril sur la place Saint-Pierre, au Vatican.

Ce serait notamment le cas de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du président du Conseil européen, António Costa, ou encore des présidents américain, français et ukrainien Donald Trump, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, rapportent les agences Reuters et AFP.

En général, le conclave pour élire un nouveau pape se tient entre quinze et vingt jours après le décès d’un pontife. Dans le cas présent, le conclave ne devrait pas commencer avant le 6 mai. La date exacte de celui-ci sera fixée par les cardinaux après les funérailles de samedi.

Quelque 135 cardinaux peuvent participer au scrutin secret pour élire le successeur du pape défunt. Le conclave, qui peut durer plusieurs jours, s’achèvera lorsque de la fumée blanche s’élèvera au-dessus de la chapelle Sixtine, annonçant au monde l’élection d’un nouveau pontife.

Luce, la mascotte inattendue du Jubilé 2025

Alors que la suite des évènements organisés dans le cadre du Jubilé 2025 reste en floue, certains symboles de l’année sainte continuent de faire écho à l’héritage du pape François. C’est notamment le cas de la mascotte surprenante de cette édition : Luce.

Luce (qui signifie « lumière » en italien) est un personnage qui semble tout droit sorti d’un anime japonais.

Vêtu d’un imperméable jaune de marin — couleur rappelant le drapeau du Vatican — et chaussé de bottes boueuses symbolisant les chemins parfois rudes de l’existence, il incarne une spiritualité tournée vers les plus jeunes.

Derrière le design de la mascotte loin de l’imagerie que l’on associe traditionnellement au Vatican, on retrouve l’agence Tokidoki, connue pour ses collaborations avec Marvel ou encore Barbie.

Luce est rapidement devenu le symbole de la volonté du pape François de moderniser le catholicisme et de toucher un public plus jeune.

Le pape argentin est largement considéré comme beaucoup plus réformateur que son prédécesseur, Benoît XVI, et son approche lui a valu la faveur d’un public allant bien au-delà des cercles religieux.

Reste à savoir quelle orientation prendra le prochain pape. Si François a nommé 108 des cardinaux appelés à décider de sa succession, cela ne garantit pas pour autant qu’ils partageront sa vision réformatrice de l’Église catholique.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]