Mobilité étudiante : un nombre record de bénéficiaires

Un nombre record d'étudiants se rendent à l'étranger pour leurs études universitaires ou un placement en entreprise dans le cadre du programme européen Erasmus, selon de nouveaux chiffres publiés par la Commission européenne hier (21 juin).

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Un nombre record d'étudiants se rendent à l'étranger pour leurs études universitaires ou un placement en entreprise dans le cadre du programme européen Erasmus, selon de nouveaux chiffres publiés par la Commission européenne hier (21 juin).

Près de 200 000 étudiants ont reçu des bourses européennes pour étudier ou se former à l'étranger sur la période 2008-2009, a affirmé la Commission, ce qui représente une augmentation de 8,7 % par rapport à l'année universitaire précédente.

Le programme Erasmus, qui a célébré son deux millionième étudiant l'été dernier, permet aux jeunes de passer une partie de leurs études universitaires dans une institution étrangère.

Lors de l'année académique 2008-2009, 198 600 étudiants sont partis dans l'un des 31 pays participant au programme Erasmus. L'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Turquie prennent part à cette initiative avec les 27 Etats membres de l'UE, tandis que la Croatie et l'ancienne république yougoslave de Macédoine ont depuis été ajoutées.

Présentant ces chiffres à Bruxelles hier, la commissaire Androulla Vassiliou, responsable de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse, a déclaré qu'Erasmus était un élément essentiel de l'Initiative "la Jeunesse en mouvement", qui sera présentée en septembre et qui représente l'une des initiatives phares de la nouvelle Commission.

Révision prochaine du programme

Il y aura une révision complète d'Erasmus dans le cadre de "la Jeunesse en mouvement" en septembre. Ce réexamen portera sur les questions politiques et la modernisation et l'ouverture des universités européennes, a déclaré Mme Vassiliou.

Nous allons nous pencher sur toutes nos politiques liées à la jeunesse pour identifier les failles, mais Erasmus a été une "success story" et sera maintenu. Ce que nous voulons faire, c'est simplifier les procédures de candidature, a-t-elle expliqué.

Le nombre d'étudiants Erasmus a augmenté dans tous les pays sauf en Islande et au Lichtenstein. La France (28 300 étudiants), l'Allemagne (27 900) et l'Espagne (27 400) envoient le plus d'étudiants, tandis que le Luxembourg (15,5 %), le Lichtenstein (3 %) et l'Autriche (1,9 %) envoient la proportion la plus élevée de leur population étudiante.

Les plus importantes augmentations, cependant, se trouvent dans le nombre d'étudiants optant pour un placement dans des entreprises étrangères, avec une participation en hausse de 50 % par rapport à l'année dernière.

168 200 étudiants ont reçu le soutien d'Erasmus pour poursuivre leurs études à l'étranger et ont passé une moyenne de six mois dans leur université d'accueil.

Les destinations les plus populaires sont l'Espagne (33 200 étudiants), la France (24 600) et l'Allemagne (22 000).

Pour ce qui est des Etats membres d'Europe centrale et de l'est, ils envoient plus d'étudiants Erasmus à l'étranger que ce qu'ils en reçoivent, ce qui selon Mme Vassiliou est le résultat d'une question linguistique Nous allons essayer de faciliter l'envoi d'étudiants des anciens Etats membres vers les nouveaux, a-t-elle dit.

La Commission a inscrit ces nombres record avec une augmentation de 12 % du budget disponible pour le programme cette année. La moyenne de la bourse mensuelle par étudiant en 2008-2009 était de 272 euros, contre 255 euros précédemment.

Cette augmentation du budget nous permet d'envoyer davantage d'étudiants à l'étranger et d'augmenter leur bourse mensuelle, a déclaré Mme Vassiliou.

Cependant, l'exécutif européen a averti que des augmentations plus faibles du budget dans les années à venir rendront difficile pour le programme de se développer à une vitesse similaire dans le futur proche sans ressources additionnelles.

Ceux qui critiquent le programme estiment que l'UE ne devrait pas dépenser d'argent pour ce type d'initiatives.

L'an dernier, le think tank britannique Open Europe a publié une étude affirmant que les financements de la Commission alloués dans le cadre de ses programmes éducation et culture, notamment ceux pour son programme de mobilité étudiante Erasmus, étaient destinés à acheter la loyauté des bénéficiaires en promouvant la citoyenneté européenne et une culture européenne commune, dans un effort de produire du soutien à l'UE (EURACTIV 29/01/09).

Un porte-parole de l'exécutif européen a répondu à l'époque en affirmant qu'il ne ferait aucune excuse vis-à-vis du fait que l'UE dépense de l'argent dans de tels programmes, parce que les gouvernements nationaux avaient demandé à l'UE de le faire depuis le traité de Rome.