Mme Merkel perd du terrain au profit de la gauche [FR]
Le parti de la chancelière allemande Angela Merkel a enregistré des pertes lors des élections régionales allemandes de dimanche (30 août), un revers qui pourrait diminuer ses chances de former le gouvernement de centre droit qu’elle désire, après les élections fédérales du mois prochain.
Le parti de la chancelière allemande Angela Merkel a enregistré des pertes lors des élections régionales allemandes de dimanche (30 août), un revers qui pourrait diminuer ses chances de former le gouvernement de centre droit qu’elle désire, après les élections fédérales du mois prochain.
Dans les Länder de Sarre, à la frontière française, et de Thuringe, dans l’est anciennement communiste, les dirigeants de la CDU au pouvoir depuis une décennie ont vu l’adhésion à leur partie fondre de plus de 10 points par rapport à 2004 et ils pourraient être évincés par des coalitions de gauche.
Les Sociaux-Démocrates ont désormais une aura de gagnant, quelque chose dont ils auront besoin dans les semaines à venir, a expliqué Karl-Rudolf Korte, un analyste politique à l’Université de Duisburg-Essen. Voilà qui pourrait être un tournant dans la campagne électorale.
Les résultats des élections régionales de trois des Länder allemands n’ont pas tous été négatifs pour Mme Merkel.
Lors d’un troisième vote qui s’est déroulé dans l’Etat de Saxe à l’est, la CDU paraît assurée de conserver le pouvoir, probablement dans une coalition avec les Démocrates libres (FDP) pro-entreprises – le même parti avec lequel elle espère former une coalition après le vote fédéral.
Les gains pour le FDP dans ces trois Länder a été un signal positif pour les conservateurs et le manque de soutien appuyé pour le SPD un vrai réconfort. Mais les risques qu’affronte Mme Merkel lors des quatre dernières semaines de campagne sont plus importants.
L’agenda politique en jeu
Toute érosion des niveaux de soutien pourrait mettre en danger ses espoirs de former un gouvernement avec le FPD et pourrait la forcer à réitérer la mise en place d’une grande coalition avec le SPD – le délicat partenariat entre gauche et droite qu’elle dirige depuis 2005.
Cela l’empêcherait de mettre en œuvre certains aspects clefs de son programme politique, notamment des baises d’impôts et l’extension de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes.
Dans la Sarre, un petit Etat d’un million de personnes situé dans le coin ouest de l’Allemagne, le SPD semble bien positionné pour prendre le pouvoir dans une coalition à trois avec le parti d’extrême gauche Die Linke (« La Gauche »), et les écologistes Verts, dans ce qui serait le premier partenariat du SPD et de la gauche dans l’ouest du pays.
En Thuringe, une coalition de gauche similaire pourrait être en position pour déboulonner Dieter Althaus, l’un des alliés les plus important de Mme Merkel dans l’Allemagne de l’est, si le SPD et la gauche peuvent résoudre l’épineuse question de savoir qui dirigera le gouvernement d’Etat.
M. Althaus a vu sa popularité chuter après qu’il ait été reconnu coupable d’homicide involontaire : il avait percuté et tué une femme de 41 ans sur une piste de ski en Autriche, le jour de l’An.
Le challenger de Mme Merkel lors des élections fédérales, Frank-Walter Steinmeier, a contre attaqué face à ses critiques et a appelé à un combat acharné lors des dernières semaines de campagne.
J’ai plusieurs fois entendu ces dernières semaines que les élections fédérales étaient terminées. Cette soirée montre que c’est faux, a-t-il dit sous les applaudissements de ses collègues de parti à Berlin.
Toutefois, M. Steinmeier fait face à un défi de taille pour affaiblir la popularité de Mme Merkel. Ses conservateurs devraient saisir toutes les occasions pour mettre en garde les électeurs contre une dangereuse « vague rouge » partout où le SPD et la Gauche entendent s’allier.
La Gauche, menée par le populiste et ancien chef du SPD Oskar Lafontaine, est le descendant direct de l’ancien parti communiste au pouvoir en Allemagne de l’est, qui avait construit le Mur de Berlin.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV).