Minéraux critiques : l'UE espère trouver un accord rapide avec les Etats-Unis

L'Union européenne espère trouver « aussi rapidement que possible » un accord avec les Etats-Unis concernant les matériaux critiques, nécessaires à la transition énergétique, a déclaré jeudi à Washington Valdis Dombrovskis, le commissaire européen au Commerce.

US-EU press conference on transatlantic trade
A l'issue d'un entretien avec l'ambassadrice américaine en charge du Commerce, Katherine Tai, M. Dombrovskis a rappelé la nécessité de parvenir rapidement à un accord afin de "régler les éléments discriminatoires » présents, selon l'UE. [STEPHANIE LECOCQ/EPA-EFE]

L’Union européenne espère trouver « aussi rapidement que possible » un accord avec les Etats-Unis concernant les matériaux critiques, nécessaires à la transition énergétique, a déclaré jeudi (13 avril) à Washington Valdis Dombrovskis, le commissaire européen au Commerce, assurant que les deux rives de l’Atlantique travaillaient en ce sens.

A l’issue d’un entretien avec l’ambassadrice américaine en charge du Commerce, Katherine Tai, M. Dombrovskis a rappelé la nécessité de parvenir rapidement à un accord afin de « régler les éléments discriminatoires » présents, selon l’UE, dans le grand plan climat (IRA) du président Biden, voté l’été dernier.

« Les Etats-Unis ont d’ores et déjà signé un accord de ce type avec le Japon, cela prouve qu’il est possible de trouver un terrain d’entente », a insisté le commissaire européen.

Le Japon et les Etats-Unis ont en effet signé fin mars un accord concernant les « chaînes d’approvisionnement pour les matériaux critiques et les batteries pour véhicules électriques » qui a permis aux véhicules japonais d’être intégrés dans la liste de ceux concernés par la subvention de 7 500 dollars accordée pour l’achat d’un véhicule électrique neuf, une des mesures emblématiques de l’IRA.

Ces conditions d’attribution, qui doivent être confirmées fin avril, permettent d’ouvrir l’accès à ces subventions à des pays liés à un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, « un terme qui inclut les accords récemment négociés relatifs aux matériaux critiques », avait alors précisé le département du Trésor.

C’est précisément la raison pour laquelle l’UE espère parvenir rapidement à un accord de ce type.

Le bloc européen a exprimé à de nombreuses reprises ses inquiétudes concernant les subventions prévues par l’IRA dans ce secteur mais également celui des éoliennes et panneaux solaires, craignant qu’elles amènent des entreprises à privilégier des investissements aux Etats-Unis plutôt qu’en Europe.

Le Canada, pourtant lié aux Etats-Unis par le traité de libre-échange AEUMC, qui intègre également le Mexique, a exprimé mercredi (12 avril), par la voix de sa ministre des Finances Chrystia Freeland, une certaine « anxiété » concernant l’IRA et ce que le plan implique pour les pays économiquement proches des Etats-Unis.

S’exprimant à l’occasion des réunions de printemps du FMI à Washington, Mme Freeland a reconnu l’intérêt de l’IRA pour accélérer la transition de l’économie américaine mais s’est inquiétée du risque de « course aux subventions ».

« Le risque est que cela nous entraîne vers le fond » en poussant les différents pays à accorder toujours plus d’abattements fiscaux.

Interrogée jeudi sur le sujet, Mme Tai a au contraire assuré que l’IRA renforcerait les partenaires commerciaux tels que le Canada, « essentiels dans nos efforts ».