Mikolaj Dowgielewicz : "La Pologne n’a pas bloqué les négociations sur le climat"
Dans une interview accordée à EURACTIV.fr, le secrétaire d’État polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, explique les revendications de son pays sur le maintien du système des unités de quantités attribuées (UQA) dans la négociation de Copenhague.
Dans une interview accordée à EURACTIV.fr, le secrétaire d’État polonais aux Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, explique les revendications de son pays sur le maintien du système des unités de quantités attribuées (UQA) dans la négociation de Copenhague.
Pourquoi les États membres n’ont-ils pas réussi à se mettre d’accord sur la répartition du fardeau de la lutte contre le changement climatique entre les 27 lors du Conseil européen des 29 et 30 octobre ?
Un pays a bloqué les négociations la semaine dernière. La Pologne n’a rien empêché. Nous travaillons sur une proposition de la Commission pour parvenir à mettre au point une position européenne commune. Or un certain nombre d’États, dont les plus grand pays de l’UE sont opposés à l’idée de mettre sur la table une offre concrète de l’UE. Je vous enjoins donc à ne pas écrire que la Pologne a bloqué quoi que ce soit.
Que demande la Pologne aujourd’hui ?
Neuf pays de l’UE sont à la recherche d’une répartition juste du fardeau [de la diminution des émissions de CO2, ndlr] au sein de l’UE. Nous ne pensons pas que la Bulgarie et la Roumanie doivent payer plus que le Danemark et les Pays-Bas. Ce serait totalement absurde. Nous voulons qu’un lien clair entre la diminution des émissions et le PIB soit établi.
Que pensez-vous de la proposition visant à rendre obsolète le système des unités de quantités attribuées ?
Ce système a été décidé en Conseil environnement. Je suis très surpris de cette procédure. Les UQA [dont la PECO disposent en grande quantité, ndlr] sont simplement le reflet des efforts qui ont été accomplis dans les pays d’Europe centrale et orientale en terme de diminution des émissions de CO2. Je ne vois pas pour quelle raison l’Union européenne ignore d’un côté la nécessité de parler des UQA à la Russie et à l’Ukraine et de l’autre veut supprimer celles dont dispose l’UE. Nous pensons que les UQA sont des données objectives qui ne devraient pas être utilisées dans les négociations.
Pensez-vous que les conclusions du Conseil européen reflètent suffisamment les réductions d’émissions en Europe centrale?
Elles ne parlent pas des réductions d’émissions. C’est pour cette raison que nous devons nous assurer que les termes utilisés sur la répartition du fardeau sont suffisamment clairs. Ceci est plus un débat à long terme. En Pologne nous n’avons pas beaucoup de marges de manoeuvre pour réduire nos émissions d’ici 2020 parce que nous espérons une croissance économique forte pour développer notre économie. Dans le même temps, étant donné la structure de la puissance polonaise nous ne pouvons réduire nos émissions rapidement. J’espère donc vivement des efforts des pays de l’Ouest de l’Europe pour réduire eux-mêmes leurs émissions et de ne pas essayer de faire baisser les statistiques d’émissions de CO2 uniquement grâce aux pays de l’Est.