Michel Barnier presse les parlementaires français de débattre de la PAC

Devant les députés, le ministre de l’Agriculture a rappelé qu’il était urgent de débattre des missions de la politique agricole commune dès 2008, au risque d’être piégé par les débats budgétaires, qui s’engageront en 2010. Il a par ailleurs mis en garde contre “l’arrogance” de la France.

Devant les députés, le ministre de l’Agriculture a rappelé qu’il était urgent de débattre des missions de la politique agricole commune dès 2008, au risque d’être piégé par les débats budgétaires, qui s’engageront en 2010. Il a par ailleurs mis en garde contre “l’arrogance” de la France.

Agir avant qu’il ne soit trop tard. Devant la commission parlementaire des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire et la délégation pour l’Union européenne, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, est revenu, mardi 25 mars, sur le bilan de santé de la politique agricole commune (PAC) tout en insistant sur la nécessité de respecter le calendrier fixé par Nicolas Sarkozy.

“La PAC est la seule vraie politique européenne qui mutualise les politiques nationales à un degré jamais atteint. Et l’agriculture européenne ne doit pas devenir une variable d’ajustement”, a lancé M. Barnier aux députés présents. Le ministre de l’Agriculture a par ailleurs annoncé qu’il avait commandé au secrétaire d’État à la Prospective, Eric Besson, “une étude sur ce que coûterait à la France [qui est le premier bénéficiaire de la PAC] l’absence de politique agricole européenne”.

Estimant que le débat sur la PAC ne pourrait avoir lieu en 2009, année des élections européennes et de renouvellement de la Commission européenne, M. Barnier a insisté sur le fait qu’il devrait se tenir dès maintenant.

“Il faut parler de la mission de la PAC dès maintenant, sans quoi nous serons piégés par le débat budgétaire. En 2010, on ne parlera plus que du budget”, a insisté M. Barnier.

Par ailleurs, le ministre a réaffirmé l’opposition de la France à la redistribution de crédits du premier au deuxième pilier de la PAC. Le premier pilier, relatif aux organisations communes de marchés représente 9,1 milliards d’euros. Le second pilier concerne, quant à lui, le “développement rural”, avec un budget de 900 millions d’euros. Or, selon les règles européennes, les fonds qui passent du premier au deuxième pilier doivent être cofinancés. Une des raisons de l’opposition de la France à cette redistribution.

Le ministre de l’Agriculture a profité de son audition pour tirer des leçons des Assises de l’agriculture, qui se sont tenues dans les départements français du 30 janvier au 11 février 2008. Outre le fait de créer une attente vis-à-vis de la politique européenne, “il est ressorti de ces débats que la PAC doit garantir l’indépendance et la sécurité alimentaire”, a souligné le ministre, deux thèmes chers à Michel Barnier.

“Dans le cadre de la PAC, nous ne décidons plus tout seuls, mais avec les autres”, a rappelé le ministre aux parlementaires. Au “Conseil Agri”, qui regroupe les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept, la France dispose en effet de 29 voix sur 385. “Même si la minorité de blocage se situe à 91 voix, la plupart des décisions se prennent à la majorité qualifiée, à 255 voix”, a poursuivi le ministre. “Il est donc nécessaire de construire une stratégie d’alliance.” Et Michel Barnier d’arguer qu’au 1er juillet 2008, il aura achevé sa tournée des 26 capitales européennes.

Au cours de son audition, le ministre a également mis en garde contre “l’arrogance” française et rendu hommage au travail de la présidence slovène. “De ce travail dépend le succès de la présidence française”, a-t-il martelé. Avant de conseiller aux députés d’être “particulièrement attentifs au Parlement européen.” Il a par ailleurs annoncé qu’il se rendrait à Strasbourg une fois par mois pendant la présidence française de l’Union. Une assiduité qui confirmerait l’hypothèse d’une éventuelle candidature de Michel Barnier à la présidence du Parlement européen en 2009?