Merkel prudente au sujet des projets européens de Macron

Angela Merkel s'est montrée prudente lundi au sujet des projets de renforcement de l'union économique et monétaire d'Emmanuel Macron, au lendemain des élections législatives allemandes.

EURACTIV avec Reuters
Angela Merkel refuse toute mutualisation des dettes entre les pays européens.
Angela Merkel pourrait devoir revoir ses ambitions pour l'UE.

Angela Merkel s’est montrée prudente au sujet des projets de renforcement de l’union économique et monétaire d’Emmanuel Macron, au lendemain des élections législatives allemandes.

La chancelière, reconduite pour un quatrième mandat, va vraisemblablement devoir composer avec les libéraux du FDP, dont le chef de file, Christian Lindner, a affiché pendant la campagne son hostilité à certaines idées du président français.

Le président du FDP a ainsi évoqué les « lignes rouges » que constituent pour lui un budget de la zone euro ou une union bancaire.

Interrogée lors d’une conférence de presse sur ses intentions concernant l’Europe, Angela Merkel a répondu : « Je ne vais rien exclure ni tracer des lignes rouges. »

« L’Union (chrétienne-démocrate) soutiendra ce qui a du sens. Mon opinion est que plus d’Europe est utile, mais cela doit se traduire par plus de compétitivité, plus d’emplois et plus d’influence pour l’Union européenne. »

« Ce ne sont pas les slogans qui comptent, mais ce qu’il y a derrière. J’en parle avec le président français », a-t-elle poursuivi.

Les questions européennes joueront un rôle dans les négociations sur la formation de la nouvelle coalition gouvernementale, qui pourraient durer plusieurs mois, mais « on ne peut pas dire aujourd’hui : “Ceci marche et pas cela”. Nous allons devoir parler avec le FDP », a ajouté la chancelière.

À Paris, on assure que les projets qu’Emmanuel Macron doit détailler mardi n’ont pas changé du fait du résultat des élections allemandes.

Lors de leurs conférences de presse respectives lundi, les chefs du FDP et des Verts, autre potentiel partenaire de coalition, ont rivalisé d’amabilités envers la France.

« Nous avons un grand intérêt à voir la République française réussir », a déclaré Christian Lindner. « L’Allemagne ne deviendra pas plus forte si la France devient plus faible, mais l’Europe bénéficiera dans son ensemble d’un retour à la réussite économique. C’est pourquoi nous souhaitons le meilleur à M. Macron. »

Moins d’une heure plus tard, le coprésident des Verts Cem Ozdemier a délivré le même message. « Il est clair que nous avons un intérêt vital à voir la France réussir », a-t-il dit.