Merkel critique la stratégie "Europe 2020"
La chancelière allemande Angela Merkel a écrit au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour lui faire part des craintes de son gouvernement à l'égard de la nouvelle stratégie "Europe 2020" de l'UE, en amont de la présentation de la proposition finale par la Commission demain (3 mars). Un reportage d'EURACTIV Allemagne.
La chancelière allemande Angela Merkel a écrit au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour lui faire part des craintes de son gouvernement à l'égard de la nouvelle stratégie "Europe 2020" de l'UE, en amont de la présentation de la proposition finale par la Commission demain (3 mars). Un reportage d'EURACTIV Allemagne.
Unprojet pour Europe 2020 consulté par EURACTIV indique que la Commission souhaite introduire un système dit de "surveillance des pays" et lier les programmes de stabilisation fiscale aux dépenses dans les domaines favorables à la croissance tels que la R&D et l'éducation.
La proposition de l'exécutif de l'UE établit des objectifs spécifiques pour les Etats membres tels que la hausse du taux d'emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, de 69 à au moins 75 %, et l’augmentation des investissements de R&D de 1,9 % du PIB de l'UE à 3 % (voir EURACTIV 24/02/10 pour la liste complète des objectifs).
Pour y parvenir, l’activité de rapportage et d’évaluation d'Europe 2020 et du Pacte de stabilité et de croissance seront réalisés de façon simultanée afin de rassembler les moyens et les finalités, a expliqué la Commission européenne.
Toutefois, l'Allemagne craint que lier étroitement le succès des objectifs économiques de la stratégie à la conformité aux conditions du Pacte de stabilité et de croissance rendrait la surveillance fiscale "inutilement politique", explique Mme Merkel dans sa lettre, lue par le Financial Times Deutschland.
La chancelière allemande a fait part de son scepticisme à l'égard de l'établissement d'objectifs spécifiques aux pays de manière individuelle, affirmant qu'elle s’y engagerait uniquement si les gouvernements étaient capables d'influencer directement leur réussite et s'il était possible de les atteindre en quelques années.
Soutenant que les pays de l'UE sont devenus plus interdépendants, en particulier dans la zone euro, la Commission s'est référée aux événements récents en Grèce pour prouver que les réformes, ou le manque de réformes d'un pays, pouvaient affecter la performance de tous les autres (EURACTIV 17/02/10).
L'Allemagne est la plus grosse économie d'Europe et, de ce fait, on s'attend à ce qu'elle apporte une forte contribution pour soutenir les pays de la zone euro qui sont dans une profonde détresse économique.
Cependant, la chancelière Merkel est confrontée à une très forte opposition nationale quant à un renflouement de la Grèce, en raison des craintes selon lesquelles une telle aide servirait de précédent et entraînerait l'Allemagne à devenir responsable pour les Etats les plus pauvres qui font face à des difficultés.
On trouve derrière les critiques de Mme Merkel sur Europe 2020 l'inquiétude de voir être mis en danger le respect des conditions énoncées par le Pacte de stabilité et de croissance sous prétexte de dynamisation de la croissance, écrit de Financial Times Deutschland.