Méningite au Royaume-Uni : l’agence européenne évalue le risque comme « faible »

Le ministre britannique de la Santé qualifie la situation d’« inédite » après deux décès

EURACTIV.com
Canterbury, Angleterre, 16 mars 2026 : Personnel et étudiants, certains portant des masques, font la queue pour recevoir des antibiotiques à l’Université de Kent à Canterbury. [Photo : Carl Court/Getty Images] [ ]

Une épidémie de méningite liée à une discothèque universitaire du sud-est de l’Angleterre a fait deux morts et des dizaines de cas, suscitant l’inquiétude au Royaume-Uni, même si les autorités sanitaires de l’UE affirment que le risque global reste « très faible ».

Deux personnes sont décédées depuis la découverte de l’épidémie ce week-end.

L’épidémie a été associée à un événement organisé dans une discothèque de Canterbury entre le 5 et le 7 mars, ce qui a poussé des centaines d’étudiants à consulter d’urgence un médecin.

De longues files d’attente se sont formées sur le campus de l’université du Kent, où plus de 200 étudiants attendaient de se faire vacciner contre la méningite B, une souche bactérienne plus rare et plus grave.

« C’est assez inquiétant. Tout s’est passé si vite », a témoigné Jack Jordan, un étudiant de 19 ans de l’université où le premier cas a été signalé vendredi.

La méningite est une infection potentiellement mortelle qui attaque les membranes protectrices entourant le cerveau et la moelle épinière. Les premiers symptômes – notamment des maux de tête, de la fièvre, de la somnolence et une raideur de la nuque – peuvent être vagues, ce qui retarde le diagnostic. La maladie, qui touche principalement les jeunes enfants, les adolescents et les jeunes adultes, se propage par contact étroit prolongé, comme les baisers ou le partage de boissons ou de cigarettes électroniques.

Une situation « sans précédent »

Le ministre britannique de la Santé, Wes Streeting, a qualifié la situation d’« inédite », alors que le nombre de cas de méningite faisant l’objet d’une enquête par les autorités britanniques est passé à 27, ont indiqué jeudi les responsables de la santé.

« Quinze cas ont été confirmés en laboratoire et 12 signalements font toujours l’objet d’une enquête, ce qui porte le total à 27 », a déclaré l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) dans un communiqué.

Les autorités françaises ont également signalé un cas concernant une personne en France ayant fréquenté l’université du Kent. Cela a fait craindre que la maladie ne se propage alors que les étudiants rentrent chez eux pour les vacances de Pâques.

Réaction des autorités européennes de contrôle des maladies

Malgré l’inquiétude croissante au Royaume-Uni concernant une épidémie de méningite dans le Kent, l’agence sanitaire de l’UE affirme que la population européenne dans son ensemble ne court aucun risque significatif.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) s’est empressé de calmer les inquiétudes mercredi soir, soulignant que le foyer épidémique dans le sud-est de l’Angleterre ne représentait qu’un risque « très faible » pour les habitants de l’UE.

L’agence a ajouté que la méningite ne se propage pas au sein de la communauté comme les virus respiratoires et que les contacts étroits peuvent être efficacement protégés grâce à des antibiotiques ciblés et à la vaccination.

Les personnes non vaccinées qui ont été exposées courent un risque modéré, mais une fois les dix jours écoulés – la durée maximale de la période d’incubation –, la probabilité de « développer la maladie devient très faible », selon l’ECDC.

Dans l’ensemble de l’UE/EEE, environ 2 000 cas sont signalés chaque année, avec un taux de mortalité d’environ 10 %.

(bms, aw)