May rencontre Juncker avant un sommet des 27

Theresa May reçoit Jean-Claude Juncker à Londres pour des discussions sur le Brexit, à quelques jours d'un sommet des 27 destiné à fixer les lignes rouges dans les négociations.

EURACTIV.fr avec l'AFP
Theresa May et Jean-Claude Juncker [<a href="https://www.flickr.com/photos/number10gov/29839818873/in/photolist-MsQSxK-Mrgikf-LU1Knx-JzgiyX-NGCZUQ" target="_blank" rel="noopener">[Number10/Flickr]</a>]

Theresa May reçoit Jean-Claude Juncker à Londres pour des discussions sur le Brexit, à quelques jours d’un sommet des 27 destiné à fixer les lignes rouges dans les négociations.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, invité par la Première ministre britannique conservatrice, sera accompagné de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union européenne.

Autour d’un dîner de travail à Downing Street, les trois responsables discuteront du « processus des négociations de l’article 50 », a indiqué une porte-parole de la Commission, Mina Andreeva.

Il s’agira de la première rencontre entre Jean-Claude Juncker et Theresa May depuis le déclenchement le 29 mars de cet article, point de départ de deux ans de négociations à l’issue desquelles le Royaume-Uni fera ses adieux à l’UE.

Depuis son activation, plusieurs hauts responsables européens se sont succédé dans la capitale britannique : le président du Parlement européen Antonio Tajani, la semaine dernière, et le président du Conseil européen Donald Tusk, le 6 avril.

Ce ballet diplomatique montre que le Royaume-Uni envisage « les négociations d’une manière constructive et avec bonne volonté », a assuré le porte-parole de Theresa May.

Reste qu’il ne ressortira probablement pas grand-chose de la rencontre du 26 avril, a indiqué Nina Schick, codirectrice du cabinet-conseil Hanbury strategy.

« Ils pourraient réitérer leurs positions en amont des discussions », estime-t-elle cependant, et une déclaration sur les droits des travailleurs européens n’est pas exclue.

Theresa May a déjà indiqué qu’elle souhaitait conserver une relation « spéciale » avec l’UE, tout en optant pour ce qui est généralement présenté comme un Brexit « dur » incluant notamment la sortie du marché unique.

Conseil à 27

Le projet d’orientations proposé par le président du Conseil européen, Donald Tusk, a été présenté aux États membres le 31 mars. Le texte doit être finalisé le 27 avril lors d’un conseil des ministres, avant d’être signé le 29 avril au cours d’un sommet extraordinaire des dirigeants des 27, réunis à Bruxelles.

« Notre première priorité sera de réduire au maximum les incertitudes que la décision du Royaume-Uni fait peser sur nos citoyens, nos entreprises et nos États membres », a déclaré le Conseil lors de l’activation de l’article 50.

Les États membres devront ensuite adopter des « directives » plus détaillées le 22 mai, lors d’une réunion qui confiera également à Michel Barnier son mandat officiel de négociateur en chef pour les 27.

L’UE durcit sa position

L’UE a de son côté durci sa position sur plusieurs dossiers clés -les droits des citoyens après la sortie du Royaume-Uni, l’avenir des services financiers et la facture du divorce-, comme le montre un projet d’« orientations de négociations » consulté par l’AFP.

L’UE, qui a fait de la défense des droits des citoyens de l’UE au Royaume-Uni (et inversement des ressortissants britanniques dans le reste de l’UE) l’une de ses trois priorités, cherchera à garantir « le droit d’acquérir la résidence permanente » pour les personnes ayant vécu légalement cinq ans sur le territoire britannique, selon ce document.

Ce projet d’orientations de négociations est également plus ferme sur la question du secteur financier, que l’UE veut protéger de toute perturbation liée à la sortie de la City, principale place financière européenne, du marché unique.

Quant à la facture que devra régler Londres en quittant l’UE, c’est l’un des dossiers les plus sensibles des négociations, Bruxelles ayant déjà indiqué qu’elle serait « salée ». Elle a été évaluée, côté européen, à environ 60 milliards d’euros.

L’UE espère entamer les négociations sur l’article 50 après les élections générales anticipées prévues au Royaume-Uni le 8 juin. Ce scrutin a été convoqué par Theresa May, qui espère en sortir renforcée pour négocier le Brexit.