Matières premières : la Slovaquie se rapproche de la Chine et va à l'encontre des objectifs de l'UE

La démarche de Robert Fico reflète celle de son allié hongrois Viktor Orbán, le dirigeant européen le plus ouvert aux investissements industriels chinois.

EURACTIV Slovakia
DSC01267
Le Premier ministre slovaque Robert Fico et le président chinois Xi Jinping. [Bureau du gouvernement de la République slovaque]

BRATISLAVA – La Slovaquie a amorcé un rapprochement avec la Chine concernant les matières premières. Le Premier ministre Robert Fico a annoncé que Pékin accorderait des licences pour l’exportation de terres rares, ce qui va à l’encontre des efforts déployés par l’UE pour réduire sa dépendance à l’égard de la Chine.

Après avoir rencontré le président chinois Xi Jinping jeudi 4 septembre, Robert Fico a déclaré que « les relations entre la Slovaquie et la Chine deviennent de plus en plus étroites » et a mis en avant de nouvelles perspectives d’investissement, en s’appuyant sur le projet Gotion High-Tech évalué à 1,2 milliard d’euros pour la construction d’une usine de batteries en Slovaquie.

Dans un message vidéo diffusé après l’entrevue, le Premier ministre slovaque a ajouté que « le président Xi a promis à la Slovaquie de l’aider à délivrer des licences pour l’exportation de terres rares et de minéraux chinois vers la Slovaquie, qui sont essentiels au fonctionnement de notre industrie ». 

La Chine domine la production mondiale de matières premières essentielles utilisées dans les batteries, les panneaux solaires et les éoliennes, et contrôle plus de la moitié de l’offre de métaux tels que le lithium, le cobalt et le manganèse.

Cependant, la dépendance croissante à l’égard de Pékin est en contradiction avec la politique de l’UE, qui vise à réduire les importations de matières premières en provenance de Chine. L’UE avertit qu’une telle dépendance à l’égard du pays est risquée, car tout conflit politique pourrait perturber des chaînes d’approvisionnement vitales.

La loi sur les matières premières critiques, en vigueur depuis mai 2024, fixe des objectifs pour que l’Union couvre 10 % de la demande grâce à l’exploitation minière nationale, 40 % grâce à la transformation et 25 % grâce au recyclage d’ici 2030, tout en veillant à ce que pas plus de 65 % d’une matière première stratégique ne provienne d’un seul pays tiers.

Conformément au cadre de l’UE, la Slovaquie a adopté en juin un programme national d’exploration des matières premières critiques nationales et élabore actuellement un plan d’action pour 2026-2030.

L’approche de Robert Fico reflète celle de son allié, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le dirigeant européen qui courtise le plus ouvertement les investissements chinois et accueille des instituts Confucius — des projets considérés avec scepticisme dans la plupart des pays de l’Union.

En avril, les États-Unis ont exhorté la Hongrie à faire preuve de prudence concernant ses liens avec la Chine, avertissant qu’ils pourraient mettre à l’épreuve la relation, par ailleurs étroite, entre Viktor Orbán et le président américain Donald Trump.