Martine Aubry : "Que propose la France pour l’UE ?"

Lors de ses voeux à la presse, la première secrétaire du PS a notamment fustigé les méthodes de Nicolas Sarkozy au sein de l’UE et l’absence de projet français pour l’avenir de l’Europe après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

EURACTIV.fr

Lors de ses voeux à la presse, la première secrétaire du PS a notamment fustigé les méthodes de Nicolas Sarkozy au sein de l’UE et l’absence de projet français pour l’avenir de l’Europe après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

Dans un discours de plus d’une heure Martine Aubry a évoqué l’Europe à quelques moments rapides. La relation franco-allemande entretenu par Nicolas Sarkozy a tout d’abord fait l’objet de critiques par la première secrétaire du PS. “La France a tort de ne développer qu’une alliance privilégiée avec l’Allemagne – et encore quand cela l’arrange – et de négliger nos autres partenaires européens », a déclaré Martine Aubry selon laquelle cette alliance est “nécessaire mais pas suffisante pour développer l’Europe.”

Dans une succession de questions qui pourrait rappeler certaines formes oratoires utilisées par Nicolas Sarkozy, Martine Aubry a insisté sur la nécessité de nouer des relations avec d’autres pays clés de l’UE. “Qui prend contact avec la Pologne? Qui travaille avec l’Espagne, la Grande Bretagne?”, a-t-elle lancé. 

« Où sont les propositions du gouvernement? »

Critiquant l’absence de projet français sur l’avenir de l’UE, Martine Aubry a opposé les propositions espagnoles et celles du parti socialiste européen pour sortir de la crise. “Que propose la France? Les socialistes, le Parti socialiste européen ont fait des propositions à Prague le mois dernier. Où sont celles du gouvernement?”. Et d’ajouter : « Nicolas Sarkozy c’est le traité de Lisbonne et puis c’est tout ». 

Le fait que l’Espagne fasse des propositions pour l’avenir de l’UE n’a cependant rien d’étonnant. Le pays occupe depuis le 1er janvier et pour six mois la présidence tournante de l’UE. Et les projets que doit présenter Madrid sur l’avenir de l’UE correspondent à l’agenda européen. L’Espagne doit en effet conduire les États membres à se mettre d’accord sur l’avenir de la stratégie de Lisbonne qui s’achève en 2010.

La Commission européenne a lancé une consultation à ce sujet. Cette question sera au centre du Conseil européen extraordinaire du 11 février prochain et devrait être validée lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE en mars.

La première secrétaire du PS a également évoqué les élections régionales qu’elle souhaite voir remportées totalement par la gauche. Les élus locaux étant “les premiers écolo de France”, Martine Aubry a rappelé que les régions de gauche s’étaient engagées à diminuer de 20% leurs émissions de CO2 d’ici à 2016, c’est-à-dire quatre ans avant les préconisations du paquet énergie-climat européen. 

La première secrétaire a enfin annoncé que l’année 2010 serait l’an 1 de la reconquête et du projet pour le Parti socialiste, qui se place d’ores et dejà dans la perspective de 2012. Pour mettre en place le projet de la gauche, huit grandes conventions thématiques seront organisées. L’une d’entre elle sera consacrée aux grands enjeux internationaux et à l’Europe.