Martine Aubry esquisse le programme du PS pour les européennes
Lors de ses vœux à la presse, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a détaillé l’embryon du programme du parti pour les élections européennes de juin 2009. Elle a également évoqué son rôle dans la campagne et les propositions des socialistes français sur le futur président de la Commission européenne.
Lors de ses vœux à la presse, la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a détaillé l’embryon du programme du parti pour les élections européennes de juin 2009. Elle a également évoqué son rôle dans la campagne et les propositions des socialistes français sur le futur président de la Commission européenne.
Sur fond de drapeau européen et de photos dont l’une représentait le train Thalys qui relie la France à Bruxelles, capitale de l’Europe, Martine Aubry a présenté ses vœux à la presse, lundi 19 janvier. La fille de l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, est longuement revenue sur les élections européennes du 7 juin prochain. Sur huit pages de discours, deux étaient consacrées au projet européen des socialistes français.
Martine Aubry a plaidé pour que 2009 soit l’année de la création «d’une autre Europe», mais également d’une Europe «qui retrouve le sens de ses pères fondateurs». Europe politique et pas simplement économique, c’est ce que souhaitent les socialistes français, selon lesquels l’UE doit désormais «remettre en cause le modèle libéral». «La droite propose de s’adapter au marché, nous proposons de façonner notre avenir», a poursuivi la première secrétaire.
Dans la droite ligne du «manifesto»
Nouveauté par rapport au programme du PS en 2004, celui que comptent défendre les socialistes français sera dans la droite ligne du «manifesto» adopté par le parti socialiste européen (PSE) à Madrid le 2 décembre, et non plus un programme élaboré et porté uniquement par la France. Défendant des valeurs de «volontarisme» et «d’humanisme», le texte intitulé «Les citoyens d’abord» veut mettre les citoyens au cœur du projet européen. Il sera complété par le programme du PS français, dont le contenu devrait être dévoilé «dans quelques semaines», a indiqué Martine Aubry.
Dans le contexte de la crise financière et économique actuelle, le PS compte donc insister sur la nécessité de «donner toute sa place à l’économie réelle contre la finance», en régulant notamment les marchés financiers et en mettant fin aux paradis fiscaux. Il s’agit également de, «faire de l’Europe un leader de la lutte contre le changement climatique», de «proposer une clause sociale», ou encore, cheval de bataille des socialistes français, de «proposer une directive générale sur les services publics». A noter que ce combat de la gauche française n’a pour le moment pas les faveurs de la Commission européenne.
Seule fleur accordée au président français pendant son discours, la secrétaire générale du PS a reconnu que Nicolas Sarkozy avait «le mérite d’avoir fait parler de l’Europe lors de la crise financière, comme lors du conflit entre la Russie et la Géorgie». Elle s’est toutefois empressée de critiquer le chef de l’État, qui «persiste à appliquer sa politique» seul contre tous, à défaut d’accepter de mettre en œuvre un plan de relance coordonné avec ses partenaires européens.
Poul Rasmussen, président de la Commission européenne
Les vœux à la presse ont également été l’occasion pour Martine Aubry de plaider pour que les socialistes européens poussent la candidature de l’ancien premier ministre danois, Poul Nyrup Rasmussen, à la présidence de la Commission européenne. La présence du Danois avait d’ailleurs été prévue lors de la cérémonie des vœux prévue initialement le 15 janvier et annulée à la dernière minute.
Martine Aubry n’a cependant pas été en mesure d’indiquer si le principal intéressé était prêt à une telle candidature. Interrogée par EURACTIV.fr sur ce sujet, la première secrétaire du PS a botté en touche. «Je ne vous dirai pas tout, mais je ne vous mentirai pas. C’est notre souhait. L’Europe a besoin d’être incarnée. Et Poul Rasmussen a permis que ce manifeste existe», a-t-elle indiqué. En interne, certaines sources précisent que le Danois n’aurait pas donné son accord, tandis que les socialistes portugais au Parlement européen s’apprêtent à soutenir le président actuel de la Commission et ancien premier ministre portugais, José Manuel Barroso, candidat à sa propre succession. M. Barroso est également le candidat du PPE-DE, parti de droite majoritaire au Parlement européen.
Lors de leur congrès, en décembre, les socialistes européens ne s’étaient pas prononcés sur un candidat. Depuis la chute de la Commission Santer en 1999, les députés européens approuvent la nomination du collège des commissaires et le traité de Lisbonne, s’il est ratifié, prévoit que le Parlement approuve le choix du président à la majorité.
Martine Aubry ne sera pas candidate
Sur la campagne interne au PS, des inconnues demeurent. Opposée au cumul des mandats, Martine Aubry a prévenu qu’elle s’investirait dans la campagne, mais qu’elle ne serait pas candidate. Quant à Ségolène Royal, qui a déjà indiqué qu’elle était prête à se lancer dans la bataille, «elle est libre», a déclaré la première secrétaire du PS. Tout en s’empressant d’ajouter qu’il reviendrait aux fédérations de chaque circonscription d’éplucher les candidatures. Même si pour Ségolène Royal, ou encore pour Benoît Hamon, qui s’oppose actuellement à Harlem Désir pour prendre la tête de liste en Île-de-France, les décisions seront à l’évidence prises par les hautes instances du parti.
Calendrier :
2 – 6 février: Dépôt des candidatures.
28 février: Définition des listes à l’occasion du conseil national du PS
14 mars: Présentation officielle des listes