Marseille sera capitale européenne de la culture en 2013
Marseille a-t-elle profité de l’engagement de la Présidence française du Conseil européen en faveur d’une euroméditerranée? Quoiqu’il en soit, la ville a axé sa candidature sur sa situation géopolitique. Pour 2013, Marseille se veut être une plateforme pérenne de dialogue interculturel entre l’Europe et la Méditerranée.
Marseille a-t-elle profité de l’engagement de la Présidence française du Conseil européen en faveur d’une euroméditerranée? Quoiqu’il en soit, la ville a axé sa candidature sur sa situation géopolitique. Pour 2013, Marseille se veut être une plateforme pérenne de dialogue interculturel entre l’Europe et la Méditerranée.
Marseille sera la quatrième capitale européenne de la culture française après Paris en 1989, Avignon en 2000 et Lille en 2004. Elle était en compétition avec Lyon, Bordeaux et Toulouse, dont les maires ont été auditionnés pendant deux jours les 15 et 16 septembre.
«Le choix n’était pas facile», a assuré, mardi 16 septembre, la ministre de la Culture Christine Albanel au cours d’une conférence de presse. Le président du jury et ancien chef de file de la candidature de Liverpool 2008, l’Anglais Robert Scott a précisé : «La candidature de Marseille présente un équilibre réussi entre qualité culturelle, engagement politique et soutien économique.»
Marseille s’est fixé comme principal objectif d’enrichir le volet culturel du processus de Barcelone en constituant à Marseille une «plate-forme pérenne de dialogue interculturel euroméditerranéen».
Une Europe méditerranéenne
La volonté de créer un pont entre les deux rives de la Méditerranée se concrétise dans les « Ateliers de l’Euroméditerranée » : des artistes, savants et créateurs des deux rives sont invités à travailler ensemble. Dix ateliers pilotes ont déjà été mis en place en 2008 et ils devraient perdurer après 2013.
Marseille partagera son titre avec la ville slovaque de Košice, élue le 9 septembre. Commentant le choix de la ville slovaque, Ján Figel, commissaire européen en charge de l’Education, la Formation, la Culture et la Jeunesse, a déclaré : «Je félicite Košice pour sa nomination. Je me réjouis également plus généralement de l’enthousiasme suscité par la perspective de devenir Capitale européenne de la Culture en 2013».
Lille 2004 : un modèle envié
En 2004, Lille avait accueilli 9 millions de visiteurs lors de 2.500 fêtes, expositions et manifestations organisées pour l’occasion. Un succès qui fait de la ville un symbole de la réussite des capitales européennes de la culture. Lors de la première sélection de décembre 2007, le jury avait noté que Lille était un modèle commun à toutes les candidatures.
Marseille a suivi l’exemple de Lille en faisant jouer au mécénat un rôle important dans la constitution de son budget. A l’époque, le budget était monté jusqu’à 73,7 millions d’euros. 82 entreprises mécènes y avaient contribué à hauteur de 13 millions d’euros : un record.
Le budget de la cité phocéenne pour 2013 est quant à lui fixé à 98 millions d’euros étalés sur quatre ans. Les partenaires économiques devraient en assurer le financement à hauteur de 15 %.
Autre similitude, alors que Lille avait rassemblé autour d’elle 193 communes du Nord-Pas-de-Calais et de Belgique, Marseille a regroupé 130 communes. C’est donc l’agglomération Marseille-Provence qui a été désignée capitale européenne de la culture 2013.
Dernière formalité, la désignation des deux villes devront être confirmées par le Conseil européen en 2009.
Positions :
Pour le directeur du projet Marseille-Provence 2013, Bernard Latarjiet, «la raison principale de notre succès est notre caractère collectif. Plus de 200 personnes ont travaillé ensemble pendant quatre mois pour cette candidature».
Margie Sudre, député européen et présidente de la délégation des députés européens UMP au Parlement européen a estimé que cette annonce prenait «une dimension particulière cette année, alors que l’Union européenne vient de lancer à Paris l’Union pour la Méditerranée. Marseille symbolise parfaitement les liens qui unissent les deux rives de la Méditerranée.»