Mario Monti vise une alliance pro-européenne avec Pier Luigi Bersani
Le premier ministre italien sortant, Mario Monti, a déclaré lundi (31 décembre) qu’il visait une majorité lors des élections législatives de février et la création d’alliances avec des partis en accord avec son programme pro-européen.
Le premier ministre italien sortant, Mario Monti, a déclaré lundi (31 décembre) qu’il visait une majorité lors des élections législatives de février et la création d’alliances avec des partis en accord avec son programme pro-européen.
Sans le dire explicitement, Mario Monti a semblé indiquer être ouvert à une alliance avec le centre gauche après le scrutin. Le centre-gauche, emmené par Pier Luigi Bersani, est sur la bonne voie pour remporter les élections, selon des sondages.
Cette déclaration survient un jour après que M. Bersani a appelé M. Monti à choisir son camp. Silvio Berlusconi, l'homme d'affaires conservateur qui tente de briguer son cinquième mandat en tant que premier ministre, a accusé M. Monti de chercher à conclure un accord en sous main pour favoriser la gauche.
En raison de la complexité de la loi électorale italienne, la coalition de deux partis menée par M. Bersani pourrait remporter une majorité confortable à la chambre basse sans prendre le contrôle du Sénat. Cette coalition pourrait former une alliance avec le parti de M. Monti, ce qui serait indispensable à la création d'une majorité parlementaire stable.
« Le nouveau gouvernement est né avec le but de rassembler le consensus de la majorité des Italiens », a déclaré Mario Monti sur son site Internet.
« Que cet objectif soit totalement achevé ou que ce ne soit pas le cas, nous rechercherons la convergence avec les forces politiques qui adoptent une ligne d'action compatible avec notre stratégie européenne », a-t-il ajouté.
L'année dernière, Mario Monti, ancien commissaire européen, a été désigné à la tête d'un gouvernement d'experts non élus afin de sauver l'Italie de la crise financière après la démission de Silvio Berlusconi. Il a annoncé son intention de briguer un second mandat la semaine dernière.
M. Monti a indiqué que l'Italie devait rester un acteur central de la politique et de l'intégration européennes. Son objectif est de contrer la montée des partis populistes et anti-européens, qui progressent à un rythme inquiétant en Italie, selon lui.
Sa position est partagée par le président de la République, Giorgio Napolitano, qui a déclaré lors de ses voeux que l'Italie ne renouerait avec la croissance que si elle travaillait en étroite collaboration avec ses alliés européens et qu'elle devait demeurer un acteur important de l'Europe.
Mario Monti a annoncé vendredi qu'il entendait mener une coalition de partis centristes et aller au-delà de la traditionnelle opposition droite-gauche afin de créer une alliance soutenant son programme de réformes qui vise à lutter contre la profonde récession et les difficultés économiques en Italie.
Poursuivre les réformes économiques
Pier Luigi Bersani s'est engagé à respecter la position pro-européenne du gouvernement de Mario Monti, composé de technocrates non élus, et à poursuivre les réformes économiques.
Silvio Berlusconi a tenu l'Allemagne responsable des mesures d'austérité que l'Italie a du adopter afin de réduire son énorme dette. Il a également qualifié M. Monti de marionnette de l'Allemagne.
Le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, qui menace sérieusement les partis traditionnels lors des élections, a appelé à un référendum sur l'adhésion à la monnaie unique européenne. Il a également attaqué M. Monti en raison des hausses d’impôts et des réductions des dépenses.
Le vainqueur des élections des 24 et 25 février devra lutter contre la récession et la hausse du chômage au sein de la troisième économie de la zone euro et maintenir les finances publiques en difficulté sous contrôle.
Dans un communiqué distinct, le gouvernement italien a réfuté les critiques quant à ses réformes, qui comprenaient également une déréglementation et une révision du régime des retraites et du travail. Le gouvernement a affirmé que l'avenir économique du pays s'était « sensiblement » éclairé depuis la nomination de Mario Monti.
Dans un document de 18 pages intitulé « Analyse d'une année au gouvernement », le cabinet a indiqué que ses actions avaient convaincu les investisseurs étrangers à reprendre l'achat d'obligations italiennes et que la perspective de nouveaux ajustements budgétaires avait été « fortement réduite ».
Il a toutefois souligné que les réformes ne faisaient que commencer et que le prochain gouvernement devrait les poursuivre. Il a ajouté que le nouvel objectif serait la réduction de la pression fiscale, principalement pour les personnes les plus pauvres.
Les dépenses publiques devront être réduites davantage grâce à des mesures telles que la rationalisation et la fermeture de certaines institutions publiques ainsi qu'à des efforts de diminution des déchets et de la corruption.
Lors d’un discours, le président Giorgio Napolitano a reconnu que les Italiens avaient fait des sacrifices difficiles cette année, mais que ces derniers avaient été nécessaires. Il a indiqué que ces efforts devraient réduire la charge budgétaire qui pèse sur les personnes vulnérables.
Un sondage d'opinion a indiqué dimanche que, selon 34 % des Italiens, l'ajustement des dépenses publiques afin de réduire les impôts est l'initiative la plus importante du prochain gouvernement.
Ce sondage, publié dans le quotidien financier Il Sole 24 Ore, a révélé qu'environ 36 % des Italiens voteraient pour que Pier Luigi Bersani devienne premier ministre. Quelque 23 % choisiraient Mario Monti alors qu'environ 22 % voteraient en faveur de Silvio Berlusconi.