Mario Monti veut éviter que l'UE ne se divise
S'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, le premier ministre italien, Mario Monti, a mis en garde l'assemblée contre des divisions dangereuses alimentées par les problèmes de la zone euro. Il a affirmé que même si les pays du sud étaient accusés d'avoir déclenché la crise de la dette, la France et l'Allemagne avaient également leur part de responsabilité pour avoir affaibli les règles budgétaires de l'Union. Un reportage d'EURACTIV Italie.
S'exprimant au Parlement européen à Strasbourg, le premier ministre italien, Mario Monti, a mis en garde l'assemblée contre des divisions dangereuses alimentées par les problèmes de la zone euro. Il a affirmé que même si les pays du sud étaient accusés d'avoir déclenché la crise de la dette, la France et l'Allemagne avaient également leur part de responsabilité pour avoir affaibli les règles budgétaires de l'Union. Un reportage d'EURACTIV Italie.
M. Monti a déclaré qu'il ne fallait pas diviser les États membres en deux groupes, « les bons et les mauvais ». « La crise de la zone euro a donné lieu à trop de ressentiment et ravivé trop de stéréotypes. Elle a divisé l'Europe entre les pays centraux et les États périphériques », a-t-il commenté.
C'est sous un tonnerre d'applaudissements que M. Monti a rejeté l'idée répandue que la zone euro était partagée en deux, les pays du nord vertueux d'un côté, et de l'autre les pays du sud laxistes, comme la Grèce, menacée de défaut de paiement.
Le premier ministre italien s'est exprimé à Strasbourg, quelques heures à peine après la publication de nouveaux chiffres annonçant l'entrée en récession de l'Italie, dont l'économie s'est contractée de 0,7 % au quatrième trimestre de 2011. L'année dernière, la croissance a chuté à 0,4 % comparée à son niveau de 2011, 1,4 %, loin derrière les 1,7 % de la France et les 3 % de l'Allemagne. Dans le même temps, Bankitalia a annoncé hier que la dette était en pleine augmentation.
M. Monti a toutefois affirmé que ces données économiques, bien que moins bonnes que prévu, ne pousseraient pas l'Italie à adopter davantage de mesures d'austérité en plus des trois paquets adoptés l'année dernière dans le but de réduire le déficit du pays. Il s'est dit rassuré que les finances publiques soient ajustées en fonction du cycle économique, ce qui donnera un nouveau souffle aux pays touchés par la récession, comme l'Italie.
Il s'est exprimé au Parlement européen après sa rencontre à Washington avec le président américain, Barack Obama. Il a fait part à l'assemblée de sa position commune à celle du président américain : oui à la discipline budgétaire, mais il faut également penser à la croissance.
M. Monti a été reçu triomphalement à Strasbourg. Guy Verhofstadt, le leader du groupe libéral ADLE au Parlement, a déclaré que les réformes entreprises par M. Monti devraient inspirer la Grèce en difficulté.
« La Grèce devrait se pencher sur ce qui se passe en Italie. Les réformes structurelles entreprises, le dégraissement du secteur public et les modifications apportées au système sont tout aussi nécessaires à Athènes », a expliqué M. Verhofstadt.
En amont de la séance plénière, M. Monti s'est entretenu avec le président du Parlement européen, Martin Schulz, et réitéré son soutien aux euro-obligations actuellement rejetées par l'Allemagne. Selon lui, l'Europe devra, à un moment donné, envisager d'exclure des calculs de déficit budgétaire l'argent des investissements publics.
À propos des élections, il a déclaré que l'Italie n'était pas la Grèce et que ses citoyens devaient voter à la fin de la législature en cours, soit au printemps 2013. Il ne voit pas l'intérêt de demander des élections anticipées dans son pays.