Mario Monti devrait présenter ses plans de réforme avant le vote du sénat

Le gouvernement intérimaire italien mené par Mario Monti devrait définir les grandes lignes de nouvelles mesures d’austérité destinées à restaurer la confiance dans les finances publiques italiennes, mises à rude épreuve. Ces mesures devraient être évoquées par le nouveau premier ministre aujourd’hui, à l’occasion du vote de confiance du sénat italien.

EURACTIV.fr / Reuters
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Le gouvernement intérimaire italien mené par Mario Monti devrait définir les grandes lignes de nouvelles mesures d’austérité destinées à restaurer la confiance dans les finances publiques italiennes, mises à rude épreuve. Ces mesures devraient être évoquées par le nouveau premier ministre aujourd’hui, à l’occasion du vote de confiance du sénat italien.

L'ancien commissaire européen, entré en fonction hier (16 novembre), présentera son programme au sénat ce midi, en amont du vote de confiance qui se déroulera ce soir. Un second vote de confiance aura lieu à la chambre basse vendredi.

Alors que l'Italie est au cœur de la crise de la dette de la zone euro, les mesures annoncées ne seront probablement pas suffisantes pour regagner la confiance des marchés.

Elles devraient toutefois permettre de restaurer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires internationaux, qui ont perdu confiance depuis longtemps, découragés par les promesses non tenues du prédécesseur de M. Monti, Silvio Berlusconi.

Mario Monti a pris en charge le portefeuille clé de l'économie et des finances, et a nommé au poste de ministre de l'industrie Corrado Passera, le directeur général de l'une des principales banques italiennes, Intesa Sanpaolo. Le nouveau gouvernement, qui n'est pas le fruit d'élections, n'inclura aucun homme politique.

Bien qu'il n'ait rien dévoilé de son programme, on peut supposer que l'orientation générale de ces mesures correspondra étroitement aux demandes de réformes demandées par l'UE au gouvernement de centre-droit de M. Berlusconi.

Mario Monti pourrait annoncer la réforme du système des retraites qui permet à de nombreux Italiens de toucher une pension avant l'âge légal de 65 ans, et l'assouplissement des règles d'embauche et de licenciement qui protègent certains travailleurs, mais freinent la création d'emplois.

Il est également possible que M. Monti explore l'idée d'un impôt sur la fortune visant les biens privés, y compris les résidences principales. Le parti de centre-droit de M. Berlusconi s'y opposait fermement, en dépit des appels répétés de la gauche et des syndicats.

M. Monti a déclaré hier qu'il était confiant quant au fait que son gouvernement réussisse à restaurer la confiance des marchés financiers malmenés, mais que l'ampleur de cette tâche était illustrée par la hausse continue des rendements obligataires italiens.

Les rendements des obligations à 10 ans ont atteint plus de 7%, un taux proche du niveau qui avait contraint la Grèce et l'Irlande à faire appel à une aide internationale. Le renflouement de l'Italie, la troisième économie européenne, abattrait les dernières défenses de la zone euro.

L'UE satisfaite du gouvernement de technocrates

La nomination de M. Monti, un économiste sobre et discret, mais aussi un négociateur coriace avec plus de dix ans d'expérience en tant que commissaire européen, a été accueillie avec un soulagement palpable par les dirigeants européens, exaspérés par les frasques de M. Berlusconi.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a salué cette nomination, et la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait part de son intention de rencontrer M. Monti dès que possible.

Jean-Claude Juncker, le président du groupe de ministres des finances de la zone euro, s'est dit particulièrement satisfait que le premier ministre ait pris en charge lui-même le portefeuille des finances. Selon lui, M. Monti est « l'homme de la situation ».

« La mise en œuvre rapide de toutes les mesures récemment adoptées par le parlement italien doit être une priorité pour remettre le pays sur la voie de la crédibilité politique », a-t-il affirmé dans un communiqué.

En raison de la menace grandissante d'une récession de l'économie italienne pour l'année à venir, l'immense dette publique du pays devient de plus en plus difficile à contrôler. Elle atteint 120 % du produit intérieur brut, le taux le plus élevé de la zone euro, après la Grèce.

Les autorités internationales, notamment l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, continuent de faire pression sur l'Italie pour qu'elle réduise sa dette et réforme son économie. M. Monti devra toutefois recevoir l'appui du parlement pour agir.

Il a par ailleurs fait part de sa volonté de rester en poste jusqu'aux prochaines élections de 2013, mais le refus des principaux partis de laisser des hommes politiques intégrer le nouveau gouvernement pourrait altérer le soutien des Italiens pour des mesures choisies par des technocrates non élus.