Mario Monti demande une gestion responsable de la crise de la dette
Les dirigeants de l'UE devraient se livrer à un examen de conscience et prendre leurs responsabilités s'agissant de la Grèce et de la mise en place de règles budgétaires, a déclaré Mario Monti lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV Italie.
Les dirigeants de l'UE devraient se livrer à un examen de conscience et prendre leurs responsabilités s'agissant de la Grèce et de la mise en place de règles budgétaires, a déclaré Mario Monti lors d'un entretien exclusif accordé à EURACTIV Italie.
L'ancien commissaire européen en charge du marché intérieur et de la compétitivité a insisté sur le fait que les problèmes de la zone euro n'étaient pas uniquement liés à l'indiscipline de la Grèce, mais qu'ils relevaient également de sérieuses faiblesses s'agissant de l'application des règles, et du Pacte de stabilité et de croissance en particulier.
« Même des pays comme la France et l'Allemagne doivent assumer leur [part] de responsabilité », a-t-il déclaré, expliquant que les deux pays avaient eux-mêmes enfreint le Pacte en 2003 et s'étaient opposés à une proposition de la Commission européenne vouée à accorder plus de pouvoir à l'office européen de statistiques, Eurostat, pour contrôles les finances publiques des pays.
C'est la raison pour laquelle nous avons devons interroger notre conscience, a ajouté M. Monti.
« Nous devons aussi continuer à demander à la Grèce d'être rigoureuse, tout en prenant en compte les efforts considérables qu’elle fait », a-t-il expliqué, insistant sur le fait que les pays « plus au Nord » devaient également jouer leur rôle.
« Ce n'est pas tant une question de solidarité, comme [la chancelière allemande, Angela] Merkel l'a répété, qu’une question de bon état de la zone euro, qui est extrêmement importante pour l'Allemagne », a-t-il argué.
M. Monti a déclaré qu'il s'inquiétait de la tendance de nombreux pays à « voir les choses à court terme », s'agissant de lutter contre la crise.
« Cela se voit dans […] les choix politiques, de plus en plus orientés vers des décisions prises à des fins purement électorales », a-t-il affirmé. « Le vrai leadership reste rare. L'intérêt des jeunes est suscité via la lutte contre les avantages excessifs de certaines catégories et collégialités qui tentent de garder les marchés et les professions fermés pour défendre leurs privilèges ».
S'agissant du renforcement du marché unique, dans le rapport qu'il a présenté l'an dernier à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, M. Monti a insisté sur le fait que seul un marché unique fort pourrait résister aux attaques du nationalisme économique dans les pays où des partis opposés à l'intégration européenne gagnent du terrain.
M. Monti a demandé que le marché soit plus compétitif, tout en soulignant que plus de compétitivité n'impliquait pas de laisser libre cours aux marchés.
« Il est important de disposer d'une autorité rigoureuse qui sache appliquer des règles de marché et de concurrence strictes. Cela encouragera la « productivité totale des facteurs » dans l'économie. C’est une réforme nécessaire, surtout dans certaines régions [d'Italie] où nous manquons d'infrastructures et n'agissons pas assez rapidement. Cela implique également la rationalisation des décisions publiques et administratives », a-t-il déclaré.
M. Monti s'est également exprimé en faveur des euro-obligations en tant qu'instruments financiers pour lever des fonds destinés à l'investissement et aux infrastructures.
Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.