Mario Draghi face aux députés européens

En passe de succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a été auditionné par les eurodéputés. Au programme : crise grecque, nouvelle gouvernance et son passé chez Goldman Sachs.

EURACTIV.fr

En passe de succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a été auditionné par les eurodéputés. Au programme : crise grecque, nouvelle gouvernance et son passé chez Goldman Sachs.

L’italien Mario Draghi, actuel gouverneur de la banque centrale italienne a été auditionné, mardi 14 juin, par les eurodéputés de la commission affaires économiques.

Il a dû détailler les orientations qu’il souhaite donner à la Banque centrale européenne, dont il convoite la présidence. Jugeant primordial « que la BCE continue à considérer la stabilité financière comme son but premier », il a ajouté « que le Parlement devrait être davantage associé aux décisions de la BCE ».

Le cas grec 

Ce grand oral ne pouvait évidemment pas faire l’impasse sur le sujet le plus épineux du moment : la crise grecque.

Sur ce point le candidat italien a repris la position de Jean-Claude Trichet, en affirmant que « la BCE n’est pas favorable à une restructuration ou à une décote » de la dette. « Nous devrions exclure tout concept qui n’est pas simplement fondé sur le volontariat et qui présente des éléments de contrainte ». 

Rôle du Parlement 

La réforme de la gouvernance de la zone euro est l’autre grand dossier du moment. Dans ce domaine, l’auditionné s’est présenté comme favorable au « renforcement du paquet de gouvernance économique », présenté en septembre dernier par la Commission européenne.

Il s’agit de mettre en place des règles communes pour la surveillance des dépenses budgétaires et renforcer les mécanismes de stabilité financière. « Nous avons besoin d’une application plus efficace de ces règles. Le Parlement est en droit de pousser vers plus de sanctions », a t-il répondu.

Goldman Sachs

Les députés européens se sont aussi penchés sur le passé de Mario Draghi. De 2002 à 2005, il fut le vice-président de la branche européenne de la banque américaine Goldman Sachs.

C’est cette banque qui a aidé la Grèce à maquiller ses comptes déficitaires entre 2001 et 2002. La fraude ne fut dévoilée qu’en 2010, alors que le pays courrait à la faillite. 

L’établissement financier a ensuite fait scandale en 2008, pour avoir ouvert des fonds souverains à plusieurs gouvernements européens alors que l’instabilité des placements étaient connus de tous ses dirigeants. Mario Draghi a pourtant déclaré « ne pas avoir participé à ces opérations financières ».

Pendant la première partie de l’audition, le candudat a pris soin d’occulter les responsabilités qu’il a exercé au sein de la banque américaine. Une omission que les députés n’ont pas manqué de lui reprocher.

Le Parlement rendra un avis sur la qualité de la candidature de Mario Draghi. Les États européens confirmeront le nom du futur gouverneur de la BCE lors du prochain sommet européen des 23 et 24 juin.