Mario Draghi critique la gestion du renflouement chypriote
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a critiqué indirectement le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Il a déclaré hier (4 avril) que le renflouement de Chypre ne constituait « pas un modèle » de solutions éventuelles à l’avenir et a promis que la taxe sur les déposants ne deviendrait pas une procédure normale. M. Draghi a également condamné la proposition initiale des négociateurs de Chypre.
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a critiqué indirectement le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Il a déclaré hier (4 avril) que le renflouement de Chypre ne constituait « pas un modèle » de solutions éventuelles à l’avenir et a promis que la taxe sur les déposants ne deviendrait pas une procédure normale. M. Draghi a également condamné la proposition initiale des négociateurs de Chypre.
Mario Draghi a déclaré que le renflouement de Chypre n'était pas un « modèle ». Cette déclaration vise à apaiser les marchés, qui craignent que les dépôts bancaires soient la cible légitime à l'avenir des prêteurs internationaux, qui tentent d'aider les pays de la zone euro en difficulté.
Jeroen Dijsselbloem avait suscité la controverse le 26 mars en indiquant que le renflouement de Chypre constituait un modèle de résolution des problèmes bancaires dans l'Union.
>> Lire : Les commentaires de Jeroen Dijsselbloem suscitent la controverse
M. Draghi a également critiqué durement le projet initial d'imposition d'une taxe sur les déposants assurés et non assurés.
« Ce n'était pas malin, c'est le moins qu'on puisse dire, et cela a été rapidement corrigé [par les ministres des finances de la zone euro] », a-t-il déclaré.
Le président de la Banque centrale européenne a également indiqué que les ministres des finances et le Fonds monétaire international voulaient que Chypre participe au renflouement de 10 milliards d'euros, à l’aide d’une taxe uniquement sur les riches déposants.
Cependant, Chypre souhaitait au départ cibler les dépôts jusqu’à 100 000 euros, même s'ils étaient garantis. Cette décision a déclenché une vague d'inquiétude sur les marchés financiers. Beaucoup craignaient que les investisseurs ne soient déroutés et ne retirent leur argent en masse.
Selon M. Draghi, les déposants assurés devraient être hors d’atteinte, mais il est préférable de n'en toucher aucun, dans la mesure du possible.
« Si vous avez un ordre hiérarchique, idéalement, les déposants assurés devraient être la dernière catégorie touchée. Le projet de directive de la Commission [européenne sur les activités bancaires] le prévoit précisément.
« Il n'y a pas vraiment de distinction spécifique entre les catégories de créanciers et de déposants non assurés dans le projet de directive. Mais, en gros, si vous le pouvez, ne touchez pas aux déposants non assurés, » a-t-il déclaré.
Il a ajouté qu'une sortie de la zone euro n'aidera aucunement Chypre, comme certains l'ont laissé entendre.
« Les erreurs de l'économie de Chypre ne seront pas corrigées si l'île quitte la zone euro », a-t-il expliqué.
« La stabilisation budgétaire, la consolidation et la restructuration du système bancaire seraient nécessaires dans tous les cas, que vous fassiez partie [de la zone euro] ou non. Sortir de la zone euro n'empêche pas le pays de prendre les mesures nécessaires. »
Mario Draghi a également tenté d'apaiser les craintes selon lesquelles une taxe sur les déposants, à savoir une recapitalisation interne (« bail-in »), serait désormais imposée à d'autres pays en difficulté.
Jeroen Dijsselbloem, ministre néerlandais des finances et président de l'Eurogroupe, a provoqué un vif émoi en mars, en déclarant à Reuters que le renflouement de Chypre, dont les taxes sur les déposants, pourrait être réappliqué à l'avenir.
M. Draghi a précisé que ce n'était pas le cas.
« Chypre n'est pas un modèle », a-t-il indiqué. « Je suis absolument certain que le président de l'Eurogroupe a été mal compris. »