Marie Toussaint en faveur d’une « souveraineté pharmaceutique européenne »
La tête de liste des Écologistes français aux élections européennes a présenté un plan pour « une souveraineté pharmaceutique européenne », lors d’une conférence de presse vendredi (19 avril), à la suite de l’annonce de la vente de Biogaran.
La tête de liste des Écologistes aux élections européennes a présenté un plan pour « une souveraineté pharmaceutique européenne », lors d’une conférence de presse vendredi (19 avril), à la suite de l’annonce de la vente de Biogaran.
Cette semaine, les médias Les Échos et Franceinfo ont rapporté que les laboratoires pharmaceutiques Servier ont mis en vente l’entreprise Biogaran fin 2023.
Biogaran est le leader de la production de médicaments génériques en France et emploie 8 600 personnes. Actuellement, 50 % de la production de l’entreprise est effectuée sur le territoire français et 90 % en Europe.
Quatre acquéreurs se sont montrés intéressés, dont deux acheteurs indiens, ce qui soulève des inquiétudes quant à une éventuelle délocalisation de la production et à des pertes d’emploi. Pour l’heure, Servier n’a pas confirmé l’information.
« Nous devons agir pour assurer notre sécurité sanitaire et tirer des leçons du passé lors de la crise du Covid que nous avons vécu, pour faire face à des pénuries éventuelles », a déclaré Marie Toussaint sur X.
La candidate écologiste entend constituer des stocks stratégiques, créer un service public européen du médicament, créer un droit de préemption européen contre la délocalisation et enfin contrôler les prix pour garantir l’accès aux médicaments essentiels.
40 % des médicaments vendus dans l’UE proviennent de pays tiers et 80 % des fabricants de principes actifs utilisés pour des médicaments vendus en Europe sont localisés hors de l’UE, selon le site Vie Publique.
« On ne peut pas continuer à importer 80 % d’entre elles depuis la Chine et l’Inde, ce n’est pas possible, ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas bon pour la santé des Européens, ce n’est pas bon pour l’emploi, ce n’est pas bon pour l’accès à des médicaments, à des prix acceptables et donc il faut en finir », a ajouté Marie Toussaint.
La question de la souveraineté pharmaceutique de l’Europe a fait l’objet de nombreux débats, notamment après la crise du Covid et les récentes pénuries de médicaments.
C’est pourquoi la Commission européenne a proposé une révision législation pharmaceutique en avril 2023, qui a été adoptée par le Parlement le 10 avril 2024.
Le ministre de l’Industrie « énervé »
Le ministre français délégué à l’Industrie, Roland Lescure, a également réagi et s’est dit « énervé » par la perspective d’une possible cession par Servier de Biogaran.
« J’ai dit clairement aux laboratoires Servier que je ne souhaitais pas qu’ils vendent Biogaran », a-t-il déclaré vendredi sur RMC.
Roland Lescure a souligné que le gouvernement mettait en place depuis plusieurs mois une stratégie politique pro active pour attirer en France de grands laboratoires pharmaceutiques comme Pfizer, Astra Zeneca ou encore Novo Nordisk.
Alors que la France se veut attractive pour l’industrie pharmaceutique, « c’est le moment que choisit le laboratoire Servier pour vendre […] », a-t-il regretté.
Sur les 508 médicaments autorisés en Europe entre 2017 et 2022, seulement 48 produits sont fabriqués en France, contre 122 en Allemagne, 97 en Irlande, 74 aux Pays-Bas et 53 en Espagne, selon les Entreprises du médicament (Leem).
Le ministre a conclu en indiquant qu’il serait « extrêmement ferme » au sujet de la transaction et qu’il serait vigilant concernant l’approvisionnement en médicaments des Français, et la production en France.
Pour l’heure, aucune offre commerciale officielle n’a été proposée.
Le Parlement européen adopte sa position sur la révision de la législation pharmaceutique de l’UE
Les eurodéputés ont adopté leur position sur la réforme de la législation pharmaceutique de l’UE…
3 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]